Vers un nouveau serrage de vis pour contrer la hausse des cas?

jc, ats

14.11.2021 - 14:12

Confrontées à la hausse du nombre d'infections quotidiennes et à la faible augmentation du nombre de nouveaux vaccinés, les autorités pourraient être amenées à prendre de nouvelles mesures. Elles devraient mettre à disposition de la majorité de la population une troisième dose de rappel dès le mois de décembre.

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14.11.2021 - 14:12

Personen versammeln sich bei einer Kundgebung gegen die Corona Massnahmen, am Samstag, 23. Oktober 2021, in Bern. (KEYSTONE/Peter Schneider)
Alors que les opposants sont toujours très remontés contre les mesures sanitaires, la présidente de la Task force scientifique Covid-19 de la Confédération juge que le monde politique n'aura pas d'autre choix que d'envisager sérieusement des nouvelles mesures dans les prochaines semaines. (archives)
KEYSTONE

Face à la stagnation des nouvelles vaccinations il est temps de promouvoir d'autres mesures, dont les vaccinations de rappel, estime le président de la Confédération Guy Parmelin.



Le conseiller fédéral est convaincu que la troisième dose de vaccin sera bientôt étendue à toute la population. «Il arrive un moment où il faut admettre que l'on ne peut plus convaincre grand monde de se faire vacciner», reconnaît le président de la Confédération dans une interview publiée dans la NZZ am Sonntag.

Comme en Suisse la majorité de la population avait la possibilité de recevoir une deuxième dose à partir de la mi-juin, le rappel, nécessaire six mois après, devrait débuter en décembre, a complété la présidente de la Task force scientifique Covid-19 de la Confédération. Avec cette troisième dose, la protection contre le virus devrait atteindre 95%, a ajouté Tanja Stadler, interviewée dans la SonntagsZeitung.



Mais cette dose de rappel ne suffira peut-être pas. Selon le directeur de la Conférence des directeurs cantonaux de la santé Lukas Engelberger, la semaine de la vaccination n'a permis qu'une légère augmentation du nombre hebdomadaire de personnes recevant une première dose. Mme Stadler estime que si la Suisse continue comme avant, il faut s'attendre à 30'000 hospitalisations supplémentaires, avertit-elle.

«Pas d'autre choix»

Elle juge que le monde politique n'aura pas d'autre choix que d'envisager sérieusement des nouvelles mesures dans les prochaines semaines. Sinon, les hôpitaux seront à nouveau surchargés et le virus risque de tuer davantage de personnes.

La présidente espère toutefois que des fermetures à grande échelle puissent être évitées. D'autres moyens doivent être utilisés avant d'arriver à cette situation. Le pass sanitaire pourrait par exemple être obligatoire sur le lieu de travail. Une autre piste consisterait à rendre obligatoire le port du masque lors des manifestations également aux personnes possédant un certificat.

Frictions entre les cantons?

Le Conseil fédéral ne souhaite cependant avoir recours à des règles plus strictes que si elles sont absolument nécessaires. «Que se passera-t-il s'il le système de santé est à nouveau à ses limites lors de la 5e vague et que des patients doivent être transférés dans d'autres cantons?», s'interroge M. Parmelin.

Car, rappelle le Vaudois, le taux de vaccination varie fortement d'un canton à l'autre. «Un canton avec un haut taux de vaccination sera-t-il toujours disposé à prendre en charge des non vaccinés d'un canton avec un faible taux? Ou bien refusera-t-il de le faire ou alors exigera-t-il une compensation financière?». C'est aussi pour cette raison qu'il est important que les cantons concernés poursuivent leurs efforts en matière de vaccination, souligne le ministre.



Cette semaine, la règle des «2G», soit le fait de limiter l'accès à certains lieux aux seules personnes guéries du Covid-19 ou vaccinées, s'est invitée dans le débat en Suisse. Plusieurs épidémiologistes se sont exprimés sur cette question dans la presse. Ils se montrent toutefois sceptiques face à cette mesure. Guy Parmelin a rappelé qu'elle n'était pas à l'ordre du jour en Suisse.

Opposants remontés

Les opposants aux mesures de lutte prises par les autorités sont à nouveau descendus dans la rue samedi. Une manifestation a eu lieu samedi après-midi à Genève, réunissant environ 2500 personnes.



Emmené par une trentaine de sonneurs de cloches «Freiheitstrychler», le cortège n'a donné lieu à aucun incident, selon la police genevoise. Plusieurs orateurs ont fustigé la loi Covid soumise en votation le 28 novembre, dénonçant un durcissement dangereux. Ils s'en sont pris aux «mensonges» des autorités au sujet de la crise sanitaire.

À Zurich, ils étaient plusieurs centaines à manifester. Plusieurs orateurs ont aussi critiqué les médias qui diffusent un message de peur au lieu d'une approche critique des décisions des autorités.

jc, ats