«Cuisses de sirène»: comment remédier à l’inconfort en été?

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8.7.2019

Sur Instagram, le hashtag «mermaid thighs» connaît un franc succès.
Instagram /lumina shop

Chaleur, transpiration, insomnie… La canicule est source d’inconforts en tous genres. Mais il en est un dont on ne parle que très rarement. Cette gêne saisonnière liée à la tendance des «cuisses de sirène», qui concerne pourtant beaucoup de femmes. Qu’est-ce que cet étrange phénomène? A quoi est-il dû et comment s’en débarrasser?

La tendance ne date pas d’hier sur Instagram: des jeunes filles, fascinées par la maigreur, dévoilent sur le réseau social leurs cuisses décharnées. Leur objectif: afficher des cuisses qui ne se touchent pas lorsque leurs genoux sont collés. Appelé «thigh gap» – «écart entre les cuisses» –, ce critère «esthétique» est désormais un but à atteindre pour de nombreuses adolescentes, les confinant à l’anorexie. Malgré la réprobation des professionnels de santé, cet inquiétant hashtag perdure sur le Web…

«Thigh gap» VS «cuisses de sirènes»

Mais voilà que depuis quelques temps, des influenceuses aux formes fièrement affichées font de la lutte contre le culte de la maigreur leur principale motivation. Sur Instagram toujours, le mouvement «body positive», qui promeut l’acceptation de son corps tel qu’il est, draine quant à lui de nouveaux partisans…Au «thigh gap», des jeunes femmes opposent leurs «cuisses de sirènes» – «mermaid thighs» –, explique à l’été 2016 «Madame Figaro». De quoi s’agit-il? Des jeunes femmes dont les cuisses se touchent, genoux et pieds joints, à l’instar d’une queue de sirène. Un motif poétique qui célèbre les courbes voluptueuses de femmes à contre-courant des idéaux de minceur.

Les sirènes n’aiment pas la chaleur

Si cette mise en avant des courbes est pour beaucoup une avancée, les femmes dont les cuisses se touchent souffrent en été d’inconfort. Car la saison estivale, propice aux tenues légères telles les shorts et les jupes courtes, expose davantage aux problèmes de sudation lorsque la masse graisseuse est plus présente. Délestées des complexes liés aux rondeurs et à la cellulite, les femmes aux «cuisses de sirène» sont pourtant, comme le rapporte «Slate», sujettes à des irritations de la peau.

Pour la dermatologue Nina Roos, auteure du livre «Une peau en pleine forme», paru en 2016, «le problème est mécanique». Et d’autant plus en mouvement, la «femme sirène» ressentira, à cause de la sudation, l’inconfort du frottement permanent de ses jambes; ce qui peut entraîner, à terme, irritations, rougeurs et plaies. Si «le frottement peau contre peau est naturel et rarement gênant», la transpiration due aux fortes chaleurs contient du sel, qui provoque à son tour un «effet d’abrasion saline», explique la spécialiste. La peau de l’entrecuisse ainsi agressée, des sensations de brûlures apparaissent.

Quelles solutions?

Si cette gêne typiquement féminine peut paraître anecdotique, elle ne concerne pas uniquement les personnes en surpoids. Il s’agit en fait d’une question morphologique: «Des femmes qui ne sont pas médicalement en surpoids ou obèses peuvent avoir des cuisses qui se touchent», expliquent «Slate» et la sociologue Solenn Carof.

Et malgré les nombreuses personnes concernées, le sujet n’est cependant quasiment jamais relayé dans les médias. Seuls les blogs et quelques influenceuses partagent des témoignages et des astuces pour remédier à cet inconfort. Les solutions, du bricolage à base de déodorants anti-transpirants qui peuvent en fait aggraver le problème…

Selon les médecins, la meilleure solution reste encore l’application d’une crème, un gel cicatrisant faisant office de «pansement invisible», rapporte «Slate». Le talc est aussi une solution préconisée par les personnes concernées. Enfin, il existe la solution efficace des crèmes destinées aux sportifs, de type Akileïne. Il s'agit d'une crème anti-frottement, utilisée par les sportifs pour éviter les blessures et les irritations des chaussures ou des vêtements, disponible en pharmacie.

La blogueuse Letilor, qui est concernée par le problème propose, quant à elle, ses quatre meilleures solutions pour éviter les frictions. Dans son article, elle évoque les crèmes, mais aussi des bandelettes qui représentent une bonne alternative…

Venues des Etats-Unis où le problème est apparemment pris plus au sérieux, ces bandelettes adhésives, sortes de jarretières, permettent d’atténuer les frottements. Elles sont désormais distribuées en Europe, et disponibles en ligne et en magasin, chez Etam par exemple.

Côté vêtements, les femmes concernées préconisent aussi des shorts cyclistes englobant les cuisses, à glisser sous sa jupe, ou sa robe. La matière reste aussi capitale: les tissus synthétiques sont à éviter, et à remplacer par des matières légères et aérées comme le coton.

L’indifférence des marques de prêt-à-porter

Si l’industrie du prêt-à-porter s’ouvre actuellement aux grandes tailles et tente de s’aligner sur la réalité des mensurations féminines, les marques restent encore frileuses, voire indifférentes. «C’est plus une question d’indifférence que de culpabilisation volontaire de la part des marques d’habillement. La mode, parce qu’elle est faite pour les femmes très très minces, nie la réalité et les problèmes des gens», relève la sociologue Solenn Carof. Quoi qu’il en soit, fières de leurs formes, les femmes à «cuisses de sirènes» ne sont pas prêtes à arrêter d’arpenter la terre ferme en tenues légères…

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