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Polémique: pourquoi la Parisienne fascine-t-elle toujours autant ?

CoverMedia

25.9.2018 - 13:10

Source: Covermedia

La Parisienne est-elle toujours la quintessence de la féminité ? La Parisienne pur jus en est sûre et certaine, mais si elle fascine encore, elle doit cependant faire face à des attaques ciblées.

Paris sera toujours Paris. Et la Parisienne, la Parisienne. Cela semble aller de soi. Surtout si, comme moi, vous êtes Parisienne de naissance et d’ascendance. Vous avez noté l’accent (parisien, cela va sans dire) mis sur la naissance et l’ascendance ? Vous êtes sans doute une Parisienne de vieille souche. Ce qui ne veut rien dire, car entre Passy et Montparnasse, il y a davantage que la Seine à traverser : des codes, des façons de vivre et de s’habiller qui, aujourd’hui encore, peuvent différer grandement. Sans évoquer Montmartre, Belleville ou la Bastille…

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Paris n’est pas une entité mais une foule de singularités, et telle est la Parisienne : diverse. Si ses parents étaient maraîchers rue Lepic, sera-t-elle une Parisienne semblable à celle dont les parents étaient avocats à Saint-Germain-des-Prés ? Non. Et oui. Paradoxal ? Moins qu’il n’y paraît, car la Parisienne n’existe que dans le regard de celles (ou ceux) qui ne sont pas de Paris. Elle n’est pas à proprement parlé une invention, mais dans l’imaginaire des étrangers, la Parisienne est pourvue de qualités qui lui sont prêtées sans arrière-pensées (comme chacun sait, on ne prête qu’aux riches et la Parisienne a un petit capital !). Et c’est ainsi qu’elle fascine.

Ces qualités, quelles sont-elles ? Rien que du très simple : l’élégance innée, un goût sûr pour choisir ses vêtements, se coiffer, se maquiller. Et une façon de bouger simple, décontractée et chic. Si peu nombreuses sont celles qui se reconnaissent ici individuellement, presque toutes les Parisiennes souscriront à cette définition dès lors qu’elles se compareront aux femmes d’autres pays ou cultures.

La Parisienne (qui représente alors l’ensemble des femmes résidant en France) sait qu’elle a la chance de vivre dans un pays où la mode est ancrée dans l’ADN des habitants et de l’économie. Elle sait que son pays, tel un phare, attire à lui de jeunes créateurs fascinés par sa lumière. Elle ne sait pas ou ne veut pas savoir que d’autres pays comme la Grande-Bretagne ou la Belgique ont les meilleures écoles de mode du monde. La Parisienne est impitoyablement chauvine et c’est ainsi qu’elle porte haut l’idée, partout où elle se déplace, que son goût donne le « la » de la mode mondiale.

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Cette faculté à croire cette idée reçue a un effet positif. Investie d’une mission d’ambassadrice, la Parisienne est prête à faire un effort. Habituée des magazines féminins depuis sa plus tendre enfance, elle sait effectivement depuis toujours donner du peps avec rien à un ensemble banal. Mais surtout, la Parisienne a la chance de vivre dans une capitale où se côtoient des femmes de cultures différentes, qui irriguent sa verve créative en matière vestimentaire.

Et si elle fascine tant encore, c’est moins au nom d’une image archi éculée de « petite femme de Paris » qui danse la java à Montmartre ou sur les quais du canal St Martin que par son aptitude à capter, digérer, s’approprier les courants dans l’air du temps comme si elle en était la seule inventrice. Et à les porter avec grâce et désinvolture.

Qu’importe que ses fringues viennent d’une usine à mode internationale ! Sur elle, elles sont parisiennes. Un point, c’est tout !

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