Des géants d'Europe en grand danger

ATS

23.6.2021 - 05:00

ATS

23.6.2021 - 05:00

Fort, flou et français: le groupe F des champions du monde livre son dénouement mercredi soir. Seule certitude, les Bleus survivront à ce premier chapitre de l'Euro, mais rien n'est acquis en face pour le Portugal tenant du titre ni pour l'Allemagne qui affronte la Hongrie (21h00).

Le Portugal de Pepe et de Ronaldo joue gros face à la France.
Keystone

L'épilogue prématuré guette aussi l'Espagne dans le groupe E: la Roja, délavée après ses deux matches nuls, doit l'emporter contre la Slovaquie (18h00) à Séville pour écrire la suite de son histoire en 8es de finale.

Ils sont donc plusieurs géants du football des années 2010 à risquer de tomber. A commencer par le champion d'Europe en titre: le Portugal de Cristiano Ronaldo, encore jamais buteur contre les Bleus. Le moment serait bien choisi pour ouvrir son compteur: une défaite contre la France placerait la Seleçao au bord du précipice après la déroute face à la Mannschaft (4-2).



A la différence de 2016, trois points pourraient ne pas suffire aux Lusitaniens pour se qualifier en tant qu'un des quatre des meilleurs troisièmes. Surtout, ils seraient à la merci d'un faux pas allemand: un succès dans le même temps de la Hongrie face à la Mannschaft et les hommes de Fernando Santos prendraient la porte.

«Mission très compliquée»

«La France, c'est une finale de plus, nous allons nous qualifier pour avoir le droit à d'autres finales», a promis le milieu Joao Moutinho, ancien partenaire de Kylian Mbappé à Monaco. Tout en reconnaissant que la «mission» serait «très compliquée».

Certes la France est qualifiée et voudra éviter la casse après le forfait d'Ousmane Dembélé et les chocs à répétition subis par Benjamin Pavard. Mais la première place du groupe F est en jeu côté tricolore et, avec elle, la promesse d'un adversaire plus abordable en 8es de finale.

Les Bleus doivent aussi repartir après leur nul décevant contre la Hongrie (1-1) et feront corps derrière Karim Benzema, en quête d'un premier but depuis son retour. «Il sait qu'il a l'appui du staff et des joueurs», a insisté son partenaire Antoine Griezmann.



Mieux placée que le Portugal, l'Allemagne doit encore boucler sa qualification face aux Magyars. Un match nul lui suffit, dans le pire des cas, pour accéder aux 8es de finale en tant que troisième. Mais face à des Hongrois surprenants contre la France, Joachim Löw devra très certainement faire sans Thomas Müller, touché à un genou et absent de l'entraînement à la veille du match.

Les champions du monde 2014 peuvent cependant toujours compter sur une autre voix qui porte. Celle du très assuré Manuel Neuer qui affichera une fois de plus un brassard arc-en-ciel à défaut de pouvoir illuminer le stade de Munich dans ces couleurs après le refus de l'UEFA.



L'Espagne en manque de leader

Un leader, c'est justement ce qui manque à la jeune équipe d'Espagne de Luis Enrique, orpheline de Sergio Ramos et Gerard Piqué. Contre la Slovaquie (18h00) pour le dénouement du groupe E, le retour de Sergio Busquets, indisponible depuis le début de l'Euro pour cause de Covid-19, pourrait lui réinjecter un peu de vice et de caractère.

Mais il ne règlera pas un récurrent problème de finition. La multiplication des passes ne suffit pas à la Roja pour s'imposer. Elle traîne une sale habitude des matches nuls: entre l'Euro et la Coupe du monde 2018, l'Espagne ne compte qu'une victoire en six rencontres (1-0 contre l'Iran).

Et un nouveau partage des points face à la bande de Marek Hamsik ne lui suffira pas si la Pologne de Robert Lewandoswki décroche la victoire dont elle a absolument besoin contre la Suède, déjà qualifiée. Ce qui fait dire au défenseur espagnol César Azpilicueta que «c'est presque un premier match à élimination directe».