Christian Constantin interdit de stade plus d'un an!

ATS

12.10.2017 - 18:34

Genève

Christian Constantin n'a plus le droit de pénétrer dans l'enceinte d'un stade pendant quatorze mois! Le président du FC Sion, également condamné à payer une amende de 100 000 francs, a été lourdement sanctionné par la Swiss Football League pour l'agression dont il a été l'auteur sur la personne de Rolf Fringer le 21 septembre dernier.

Si Constantin échappe à une interdiction de toute activité liée au football - qui figurait dans l'arsenal répressif de la commission de discipline (CD) de la SFL -, il a tout de même été durement frappé. Le président du FC Sion n'a plus le droit d'entrer dans un stade pour les matches de Super League, Challenge League, Coupe de Suisse et de l'équipe nationale masculine, ce qui "signifie concrètement que Christian Constantin ne peut pas aller dans l’enceinte du stade, sur le terrain, dans la zone technique, dans les vestiaires et la zone mixte, prendre place en tribune ou dans un quelconque secteur du stade le jour du match", précise la SFL dans son communiqué.

Constantin peut faire appel de ces sanctions, mais cet appel ne sera pas, contrairement à l'usage, suspensif. "Normalement, un recours a toujours un effet suspensif", explique à l'ats Daniele Moro, le président de la commission de discipline. Toutefois, celle-ci "peut décider de l'enlever. Dans ce cas-ci, nous avons procédé à une pesée des intérêts, ceux de Christian Constantin et ceux du football. Après ce qui s'est passé, nous étions d'avis qu'il fallait que l'interdiction de stade soit effective immédiatement". Le Martignerain peut également faire appel devant le Tribunal de recours de la SFL contre le retrait de cet effet suspensif.

Christian Constantin, qui a déclaré à l'ats vouloir attendre son passage dans l'émission Mise au point de la RTS dimanche avant de faire une déclaration, avait tout de même un peu plus tôt laissé entendre au Matin qu'il allait braver cette interdiction de stade dès ce dimanche à l'occasion de la rencontre de championnat Sion - St-Gall. "Pourquoi n'y serais-je pas? Je suis locataire de Tourbillon."

Daniele Moro prévient toutefois. "Si une personne sanctionnée contrevient à une décision de la Commission de discipline entrée en force - et cette décision-là concerne également l'Olympique des Alpes SA (ndlr: la société propriétaire du FC Sion) -, cela engendre l'ouverture d'une nouvelle procédure. Concernant les matches du FC Sion à l'extérieur, il est de la responsabilité de tous les clubs de participer à la mise en oeuvre d'une sanction disciplinaire."

Dans le même ordre d'idée, si Christian Constantin pénètre dans le stade de Tourbillon, il mettra de facto en faute le FC Sion lui-même, lequel serait alors exposé à des sanctions non plus dirigées contre son président, mais contre le club (amende, retrait de points, retrait de la licence de jeu).

La commission de discipline assure avoir prononcé "une sanction appropriée et proportionnée", après "avoir examiné les faits, après les avoir appréciés, nous avons estimé, étant donnée la fonction occupée par Christian Constantin, que la faute était grave", livre Daniele Moro, se référant à l'article 13 du règlement disciplinaire de l'ASF. "Il y a eu violation du règlement de conduite que l'on doit observer en tant que fonctionnaire d'un club de football."

Ce n'est pas la première fois que Christian Constantin est sanctionné de la sorte, le facteur récidive ayant clairement été retenu par la CD comme une circonstance aggravante. Le président du FC Sion avait été reconnu coupable en 2008 de lésions corporelles simples après s'en être pris physiquement à un des arbitres d'un match à Kriens en 2004. Il avait été interdit de stade pendant quatre mois, mais il avait purgé l'essentiel de sa peine durant la trêve hivernale.

Cible depuis quelque temps de critiques acerbes émises par Rolf Fringer, ancien sélectionneur de l'équipe de Suisse devenu consultant pour Teleclub, Christian Constantin s'en est pris physiquement à l'Autrichien, lui assénant devant les caméras quelques gifles et un coup de pied aux fesses au sortir d'une victoire de Sion à Lugano. Des faits que le président du FC Sion reconnaît mais pour lesquels il ne s'est jamais excusé.

"Comme président, je ne devais pas faire ça, mais comme papa oui", avait-il notamment déclaré. Le rôle dans cette altercation de son fils, Barthélémy Constantin, directeur sportif du club, fait toujours l'objet d'une procédure à la commission de discipline.

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ATS