Lucien Favre admiratif de Fribourg: "Il est bien là le vrai football !" 

22.4.2019 - 13:06, Par Laurent Ducret/Fribourg

«Vous verrez, un match à Fribourg est toujours une expérience unique à vivre !» Même s'il n'était plus revenu au Schwarzwald-Stadion depuis le 31 août 2014 et un nul 0-0 avec Borussia Mönchengladbach jusqu'à ce dimanche pascal, Lucien Favre n'avait pas oublié. N'est-ce pas à Fribourg-en-Brisgau à quelques pas de la frontière suisse que le football qu'il aime peut se conjuguer ?

Le technicien vaudois avait le sourire avant même de voir ses joueurs faire la différence.
Keystone

Aussi gratifiant soit-il, le simple résultat de la rencontre, un succès 4-0 de son Borussia Dortmund, n'était peut-être pas l'élément le plus important de la journée pour le technicien de Saint-Barthélémy. Depuis son banc, il a vu un stade plein et coloré. Il a entendu durant toute la rencontre les chants des supporters. Et malgré le scénario défavorable pour le SC Fribourg, aucun sifflet n'est descendu des tribunes. Les spectateurs ont préféré applaudir les arabesques de Jadon Sancho, cet ailier de 19 ans qui sera peut-être demain l'un des tous meilleurs joueurs du monde et qui n'a cessé de tourmenter la défense du SC Fribourg.

«Il est bien là le vrai football»

Pour le spectateur venu de Suisse, la communion entre les supporters des deux camps étonne. Comme l'absence de tout engin pyrotechnique. «En Allemagne, personne n'ose se présenter au stade avec des fusées, souligne Lucien Favre. Les supporters ne tentent pas le diable. Les sanctions sont d'une très grande sévérité». Ressortissant d'un pays qui connaît un véritable problème avec ses supporters malgré des affluences bien plus modestes au stade et après deux ans passés dans un autre qui peine tellement pour organiser le déplacement des supporters adverses, Lucien Favre ne masque pas son bonheur. «Il est bien là le vrai football, lâche-t-il. L'engouement autour de la Bundesliga est extraordinaire.»

Particulièrement à Fribourg où l'on ne cesse ce printemps de fêter le maintien et un meilleur classement que le grand rival, à savoir le VfB Stuttgart. L'équipe joue depuis plus de vingt-cinq ans toutes ses rencontres à guichets fermés, en 1re ou en 2e Bundesliga. Ce club qui a retrouvé sa place au sein de l'élite il y a deux ans et demi, a compris que les 24'000 places du Schwarzwald-Stadion ne suffisaient plus pour répondre à l'immense attente de ses fans. Dès la saison 2020/2021, le SC Fribourg évoluera dans un nouveau stade de 35'000 places – dont 12'400 debouts – qu'il a financé entièrement à la hauteur de 80 millions d'euros.

Trois Suisses qui ont compté

S'il peut se payer un nouveau stade, le SC Fribourg ne peut pas se permettre des folies sur le marché des transferts avec un budget de 76 millions d'euros. Le plus grand achat de son histoire fut les 6 millions d'euros versés il y a bientôt cinq ans au Dynamo Kiev pour la venue d'Admir Mehmedi. Une année plus tard, le Zurichois était transféré au Bayer Leverkusen pour 8 millions d'euros.

Soutenu par de nombreux supporters venus de l'autre côté de la frontière – elle n'est qu'à 70 km -, le SC Fribourg a souvent axé son recrutement sur les joueurs suisses. Alain Sutter, sans doute le joueur plus fort à avoir porté les couleurs du club, avait été transféré en 1995 alors qu'il évoluait du Bayern Munich. Bien plus tard, deux autres joueurs suisses devaient laisser un souvenir aussi lumineux que celui de l'actuel directeur sportif du FC Saint-Gall: Roman Bürki et Gelson Fernandes. Ce dernier, qui n'a joué que la saison 2013/2014 à Fribourg, collait, avec sa grinta, parfaitement à l'ADN du club, de la ville et de la région. Il n'y a rien d'étonnant que son portrait trône dans la «Bierstube» du Schwarzwald-Stadion là où les supporters des deux clubs se sustentent avant le début de la rencontre sans la moindre présence des forces de l'ordre. Un tableau presque inimaginable en Suisse ou en France.

Retour à la page d'accueilRetour au sport

Plus d'articles