Mondiaux
Des critiques, des performances et des records... mais pas de superstar

ATS

6.10.2019

L'athlétisme mondial est toujours en quête d'une superstar à l'issue des Mondiaux de Doha. Mais, avec quelques courses fabuleuses et des concours de toute beauté, ces joutes ont permis de rappeler que le produit compte finalement plus que le vendeur.

Dalilah Muhammad est la seule à avoir battu un record du monde lors des Mondiaux.
Dalilah Muhammad est la seule à avoir battu un record du monde lors des Mondiaux.
Keystone

Ces championnats du monde n'avaient pas démarré de manière idéale. Entre un marathon dames transformé par une chaleur inhumaine (40 degrés, 75% d'humidité) et des affluences indignes d'un tel événement lors des premières journées de compétition, Doha s'était retrouvée sous les feux de critiques justifiées.

Mais les athlètes ont su s'y exprimer à merveille, comme pour s'assurer que ce sont bien leurs performances qui allaient finalement faire les gros titres. Et les femmes, dont les droits sont largement bafoués au Qatar, ont semblé prendre un malin plaisir à se mettre sur le devant de la scène.

On attendait un record du monde de Karsten Warholm sur 400 m haies, voire une performance monstrueuse de Noah Lyles qui avait réalisé 19''50 sur 200 m à Lausanne. C'est bien sur 400 m haies qu'un record est tombé – le seul dans ces joutes si l'on exclut le tout nouveau 4x400 m mixte -, mais chez les dames, au terme d'une finale somptueuse remportée par Dalilah Muhammad (52''16).

Naser stratosphérique

Au total, pas moins de 14 meilleures performances mondiales de l'année ont été battues (sans compter les relais). La plus marquante a été l'oeuvre de la Bahreïnie Salwan Eid Naser, qui a signé le troisième chrono de l'histoire sur 400 m (48''14) derrière deux anciennes athlètes du bloc soviétique.

Chez les hommes, les concours ont atteint des sommets, avec en point d'orgue celui du lancer du poids samedi. L'Américain Joe Kovacs y a réalisé le troisième jet de l'histoire (22m91), battant le vieux record des championnats du Thurgovien Werner Günthör (22m23 en 1987) en devançant d'un (!) centimètre les médaillés d'argent et de bronze.

Felix dépasse Bolt

Si aucune star ne s'est révélée, les cadors ont tout de même fait parler d'eux. Les Américains Christian Coleman (sacré sur 100 m) et Noah Lyles (titré sur 200 m) ont uni leurs efforts pour cueillir l'or sur 4x100 m, moins d'un an avant de livrer un duel qui s'annonce épique sur la rectiligne lors des JO de Tokyo.

Sifan Hassan a, elle, signé un improbable doublé 1500/10'000 m, avec deux meilleurs temps 2019 à la clé. Mais le doute subsiste, la Néerlandaise étant entraînée par le sulfureux Alberto Salazar, qui a été suspendu quatre ans pour dopage.

Un autre record est par ailleurs tombé à Doha. Sacrée sur 4x400 m mixte puis sur 4x400 m (mais sans avoir disputé la finale sur cette dernière épreuve), l'Américaine Allyson Felix (33 ans) est devenue l'athlète la plus titrée de l'histoire des Mondiaux avec 13 médailles d'or. Elle a ainsi éclipsé Usain Bolt (11 fois en or) moins d'un an après être devenue maman.

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