Corinne Suter : "Le ski n'est pas le plus important"

ATS

2.12.2021

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2.12.2021

Depuis près de trois ans, Corinne Suter vole de succès en succès. La Schwytzoise a hâte de retrouver l'action après avoir été mise sur le flanc par une blessure. Désormais, les batteries sont pleines pour réaliser un rêve d'enfant du côté de Pékin.

Corinne Suter lors de son sacre mondial en descente à Cortina en début d'année 2021.
Keystone

Fin septembre à Zermatt. Les conditions sont loin d'être idéales, la piste offre une trace trop molle. Habituée à monter dans les tours, Corinne Suter (27 ans) peaufine sa forme. Le début de saison approche, l'entraînement doit être utilisé au mieux. La Schwytzoise dévale à près de 100 km/h lorsqu'elle perd son appui et glisse hors de la piste. C'est une chute qui lui ouvre les yeux.

«Ce ne fut pas une chute si grave, mais tout de même», souligne la championne du monde de descente deux mois plus tard. Le ski s'est mis à glisser hors de contrôle avec des conséquences. Suter s'en est tirée avec des lourdes contusions aux deux plateaux tibiaux ainsi qu'avec des coupures au visage et a dû interrompre l'entraînement plusieurs semaines.

Suter a eu de la chance, «une immense chance», comme elle dit. Sa musculature renforcée depuis des années lui a permis d'éviter le pire. C'est pourquoi elle peut se présenter deux mois plus tard à Lake Louise dans le paradis hivernal du parc national de Banff, en bonnes conditions pour affronter un hiver olympique.

«Le ski n'est pas le plus important»

Trois jours avant la première descente de la saison, Suter appréciait le confort d'un siège du luxueux Hotel Chateau tout en donnant de ses nouvelles. Après avoir évoqué les aspects sportifs, elle n'a pas cherché à éviter les thèmes du moment comme le développement de la pandémie.

«Le ski n'est pas le plus important. Je ne trouverais pas grave si nous ne pouvions pas courir la semaine prochaine à St-Moritz (ndlr : depuis la tenue des courses a été confirmée jeudi après-midi)», lâche-t-elle en grimaçant à l'évocation des mouvements des «sonneurs de cloche» actifs dans son canton d'origine.



Pour revenir au sportif, la Schwytzoise ne cache pas que son succès aux Championnats du monde lui a apporté une nouvelle sérénité. Depuis, elle s'est montrée plus constante pour rester devant.

Suter ne se dit pas trop enquiquinée par cette blessure de septembre qui lui a coûté beaucoup de kilomètres d'entraînement dans la phase de préparation. «Au début, j'ai eu un peu de peine. Je suis passée de 100 km/h à zéro, ce fut difficile», dit-elle. En même temps, elle souligne que la pause fut bienvenue. «Quatre, cinq jours, j'ai dormi quelque chose comme 14-15 heures d'un trait. Là, j'ai ressenti que le corps en avait besoin». Dans les semaines qui ont suivi, elle a apprécié le fait d'avoir pour une fois du temps pour autre chose, pour la famille, pour les chevaux.