«J’ai presque pleuré...» Du rêve au cauchemar : la Suisse étourdie par le réveil norvégien

Nicolas Larchevêque, à Bâle

3.7.2025

L’équipe de Suisse féminine de football a concédé un revers cruel (2-1) pour ses débuts dans «son» Euro. Portées par un public fantastique, Lia Wälti et ses coéquipières ont d’abord livré une performance de choix, avant de subir la révolte de la Norvège et de ses stars. Voici les trois points à retenir de ce match d’ouverture joué mercredi à Bâle.

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02.07.2025

Nicolas Larchevêque, à Bâle

On a aimé...

... l’engouement suisse. Il faut le reconnaître, avant d’arriver à Bâle, on se demandait si l’ambiance serait au rendez-vous. Certes, le Parc Saint-Jacques affichait quasi complet, mais allions-nous sentir la tension monter dans la ville rhénane ? Force est de constater que ce n’est pas la canicule et ses 35 degrés Celsius qui ont refroidi les supporters suisses.

Dès le milieu de l’après-midi, une marrée rouge a ainsi déferlé dans les rues de la cité bâloise. Plusieurs milliers de fans se sont rassemblés sur la célèbre Münsterplatz dans une ambiance bon enfant, avant d’entamer un cortège jusqu’au stade.

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Et ce n’est pas la petite heure de marche sous un soleil de plomb qui a calmé leurs ardeurs une fois arrivés. Chaque passe réussie, chaque joli geste ou chaque contre de la sélection de Pia Sundhage ont provoqué des clameurs venant des gradins.

«Cela nous a donné beaucoup d’énergie et de force, c’était magnifique. On ne pouvait pas imaginer de jouer devant un tel public. C’était incroyable, je ne regarde pas cela comme quelque chose de normal», a reconnu la défenseure Viola Calligaris. «C’était une atmosphère incroyable. J’étais très émue au début, j’ai presque pleuré. C’était trop beau à voir», s’est extasiée la jeune milieu de terrain Noemi Ivelj.

Malheureusement pour les plus de 34'000 spectateurs présents, leur ferveur n’a pas suffi…

On a moins aimé...

... le réveil des Norvégiennes. Qui aurait imaginé un tel dénouement à l’heure du thé ? En effet, les joueuses de Gemma Grainger ont été transparentes en première mi-temps. Il faut dire que les Suissesses ont entamé la rencontre le couteau entre les dents, ne semblant pas être impactées par l’enjeu et la pression de jouer devant leur public. Au contraire.

Portées par ce dernier, Nadine Riesen, dans tous les bons coups, et ses coéquipières ont évolué avec une décontraction déconcertante. Ajoutez à cela une Lia Walti au sommet de son art et un pressing helvétique constant qui a mis les Scandinaves dans leurs petits souliers, et vous obtenez une première mi-temps «presque parfaite», selon les mots de Calligaris.

Oui, mais voilà, la Norvège a renversé la vapeur en seulement quelques minutes au retour des vestiaires. D’abord en égalisant sur une tête rageuse d'Ada Hegerberg (54e), puis en prenant les devants suite à un malheureux autogoal de Julia Sterli (58e). Dès lors, tout a paru aller de travers pour la Suisse et son adversaire en a profité pour faire parler son expérience, jouant même à se faire détester par le public.

Perte de temps, rythme cassé, joueuses restant à terre ou encore changements à rallonge : les Norvégiennes ont usé de toutes les combines frauduleuses pour faire sortir les Suissesses de leur match et agacer les fans rouge et blanc. «C’est le foot... Parfois, on ne peut pas tout décider», a constaté Ivelj. «Mais il a plus de rage que d’abattement dans le vestiaire.»

Rageant, en effet, pour une Nati qui avait sorti une première mi-temps de haut vol, sa «plus belle depuis des années» selon certains suiveurs. Elle devra désormais confirmer cette excellente performance dès dimanche à Berne face à l’Islande.

Le facteur X

La chance des championnes. Au plus mal et étouffées par des Suissesses en furie, les Norvégiennes se sont remises à leurs stars et à un coup de pouce du destin pour arracher une victoire inimaginable à l'heure du thé.

C'est d'abord Ada Hegerberg qui a sonné la révolte. Sur la... première frappe cadrée nordique (!), la Ballon d'or 2018 s'est élevée plus haut que tout le monde sur un corner à la 54e minute. Quatre minutes plus tard, c'était au tour de l'autre vedette de l'équipe, Caroline Graham Hansen, de pousser Julia Sterli à la faute sur son centre.

«On doit réussir à bien jouer pendant 90 minutes», a analysé Calligaris. «Ce sont les détails qui comptent face à de telles joueuses. Si tu as un moment de déconcentration ou si tu fais une petite erreur, elles vont directement en profiter.»

Une leçon de réalisme qui contraste avec les nombreuses occasions galvaudées par Géraldine Reuteler (barre transversale notamment touchée à la 24e) et le reste de l’équipe de Suisse. À l’image d’un Real Madrid chez les hommes, la Norvège, double lauréate de l’Euro (en 1987 et 1993), est l’une de ces équipes qui reste imprévisible et dangereuse même dans un mauvais jour. Au grand dam de la Suisse.

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