Un expert s’indigne: Greta Thunberg? – «Ridicule»

tafi

29.1.2020 - 14:49

Il affirme avoir inhalé des saletés et des poussières radioactives dans son combat pour la protection de l’environnement: l’expert allemand de l’écologie Michael Braungart est fortement contrarié par le fait que Greta Thunberg soit célébrée comme une grande résistante.
Keystone/Getty Images

Un des écologistes les plus célèbres d’Allemagne se sent provoqué par Greta Thunberg. Le cofondateur des Verts Michael Braungart ne croit pas à l’«alarmisme» en matière de protection du climat.

Michael Braungart a cofondé les Verts en Allemagne, est monté sur les cheminées d’une usine à Bâle pour protester contre la pollution de l’environnement et développe des produits cent pour cent valorisables: celui qui fait partie des plus éminents écologistes allemands livre justement un jugement peu flatteur à propos de Greta Thunberg et du mouvement «Fridays for Future».

Dans un long entretien accordé au «Flensburger Tageblatt», Michael Braungart déplore que les participants au mouvement actuel de lutte pour le climat «ne fassent qu’amplifier la catastrophe pour paraître eux-mêmes plus importants. La survie de la planète ou de l’humanité n’est pas en jeu.» Des mots durs suivis d’une attaque en règle lancée par le spécialiste de la chimie environnementale contre la morale équivoque.

«Actuellement, nous donnons aux gens l’impression que nous faisons quelque chose. En vérité, nos actions sont sans rapport avec l’ampleur de ce qu’il faut faire», déclare Michael Braungart. Il donne en particulier de mauvaises notes aux Allemands. «Nous pensons qu’il suffit de détruire un peu moins: moins conduire, produire moins de déchets, consommer moins d’eau.»

Greta Thunberg? – «Ridicule»

Cela ne protège pas l’environnement, mais limite seulement les dégâts, affirme Michael Braungart, avant de poursuivre: «C’est comme si on disait: "Je n’ai frappé mon enfant que cinq fois au lieu de dix." Lorsqu’un emballage en plastique pèse 7,6 grammes au lieu de 8, nous pensons que c’est un progrès. Nous rendons la mauvaise chose parfaite au lieu de nous demander: "Quelle est la bonne chose à faire?"»

Selon Michael Braungart, même Greta Thunberg ne le reconnaîtrait pas. «Pour elle, tout est noir ou blanc.» Avec Greenpeace, il affirme avoir lui-même donné sa vie pour lutter contre l’empoisonnement. «J’ai inhalé des saletés sans fin, des poussières radioactives. Et là, une personne prend place devant le Parlement et ne va pas à l’école, ce qui lui vaut d’être célébrée comme une grande résistante et pressentie pour un prix Nobel. C’est ridicule. J’avoue que cela me provoque.»

L'autre «effet Greta»

Des résidus de tissu dans les céréales

Pourtant, estime-t-il, les jeunes ont raison de faire quelque chose. Mais l’alarmisme n’est pas la bonne solution, selon lui: il faudrait plutôt tout repenser. «D’abord la pensée elle-même, ensuite les produits. La nature ne produit pas de déchets. Tout retourne dans le cycle.» Pour Michael Braungart, il s’agit de l’œuvre d’une vie. En tant que chimiste, il a contribué au développement du principe du «cradle to cradle». Les produits fabriqués selon ce concept peuvent être ramenés dans la nature ou dans des cycles techniques sans laisser de résidus.

Dans le monde entier, il existe déjà 11'000 produits fabriqués à partir de matériaux entièrement valorisables – des baskets compostables aux produits de nettoyage, en passant par les canettes de bière. «Il y a une entreprise en Suisse qui produit des tissus d’ameublement comestibles.» Lui-même affirme avoir mis des morceaux de tissu dans ses céréales pour les manger.

Changement de cap à Bâle

Michael Braungart conclut au cours de l’entretien qu’à la place de l’activisme, une nouvelle révolution industrielle et une restructuration de l’économie de marché sont nécessaires. Les technologies modernes pourraient parfaitement être utilisées pour la protection de l’environnement, soutient-il. Michael Braungart y travaille lui-même depuis 1986. A l’époque, dans le cadre d’une action de protestation, il est monté sur la cheminée couverte de glace de Ciba-Geigy, ancêtre de Novartis, à Bâle.

«Le directeur de l’usine a dit: "C’est trop dangereux. Descendez, je vous garantis que vous pourrez remonter demain." Nous sommes bien sûr restés au sommet, mais le jeu avait changé», se souvient Michael Braungart. Plus tard, il a fondé une entreprise à Hambourg et a commencé à travailler avec l’industrie pour découvrir «à quoi pourrait ressembler une relation différente entre l’homme et la nature». L’une des premières entreprises à avoir approché Michael Braungart a été Ciba-Geigy, explique-t-il. «Cela a donné naissance au "cradle to cradle". Financé par le secteur suisse de la chimie.»

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