Une deuxième vague pourrait faire plus de morts, selon l’EPFZ

ATS

27.5.2020 - 17:28

Les scientifiques de l'EPFZ craignent un relâchement du côté de la population et dans les écoles.

Une deuxième vague de Covid-19 avec un taux de reproduction à peine supérieur à 1 pourrait provoquer jusqu'à 5000 nouveaux décès, ont calculé des chercheurs de l'EPFZ. Les scientifiques craignent un relâchement du côté de la population et dans les écoles.

Si une deuxième vague se produit en Suisse, elle sera nettement plus lente que la première, a indiqué mercredi l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) dans un communiqué.

Le nombre des malades augmentera moins rapidement car la population a appris à se protéger et est désormais plus prudente qu'au début de l'épidémie. Même si le taux de reproduction de la maladie (la valeur R0) remonte au-dessus de 1, le système de santé ne devrait pas être débordé, selon les chercheurs.

Pour faire reculer la pandémie, il est important que ce taux descende au-dessous de 1, soit qu'un porteur de la maladie contamine moins d'une personne. Selon l'auteur de l'étude Dirk Mohr, une deuxième vague avec une valeur RO à peine supérieure à 1 serait particulièrement pernicieuse.

Une vague silencieuse mais mortelle

Une telle vague silencieuse, qui ne provoquerait pas de problèmes de capacités dans les hôpitaux, pourrait faire jusqu'à 5000 morts, selon les modélisations effectuées par le scientifique. Ces dernières ont pris en compte divers facteurs, notamment la valeur RO pour différentes classes d'âge, basée sur les données de la première vague fournies par les cantons.

Il en ressort notamment que les 10 à 20 ans contribuent très fortement à la propagation de la maladie. Les 35 à 45 ans sont également au-dessus de la moyenne, les personnes âgées très en dessous.

L'EPFZ souligne par conséquent l'importance des mesures d'hygiène et de distanciation dans les écoles et chez les jeunes adultes. L'étude a été mise en ligne sur un site de pré-publication.

Différents scénarios

Une équipe de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et de la John Hopkins University à Baltimore, aux Etats-Unis, avait également publié différents scénarios fin avril. Selon ces travaux, une deuxième vague de Covid-19 en Suisse pourrait connaître un pic en juillet/août, poussant le système hospitalier très près de sa limite en lits de soins intensifs.

Au cours de cette deuxième vague, plusieurs millions de personnes pourraient contracter la maladie en Suisse. Avec à la clé 5000 à 15'000 morts, voire plus de 20'000 pour le modèle basé sur un taux de reproduction de la maladie de 1,5.

Pour Jacques Fellay, de l’EPFL, qui a supervisé l’étude, "tous les groupes qui font de la modélisation de l’épidémie en Suisse arrivent à des conclusions très proches les unes des autres. La grande inconnue, c’est l’effet du relâchement progressif des mesures actuellement en place".

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