Dans une lettre à l'UE, Unia défend les mesures d'accompagnement

amju, ats

12.2.2021 - 15:56

C'est la présidente d'Unia Vania Alleva (à droite) qui a remis le courrier à l'ambassadeur de l'UE à Berne Petros Mavromichalis, enjoignant l'UE à écouter les salariés et leurs syndicats.
ATS

Unia a remis vendredi une lettre à l'ambassadeur de l'Union européenne (UE) à Berne Petros Mavromichalis pour défendre les mesures d'accompagnement. Le syndicat a réagi aux déclarations du haut fonctionnaire, qui a qualifié ces mesures de «disproportionnées» dimanche.

Dans le SonntagsBlick du 7 février, Petros Mavromichalis a estimé que ces dernières étaient «incompatibles» avec les accords bilatéraux, a souligné Unia dans un communiqué. Il remet ainsi en question «l'expérience positive que la Suisse et l'UE ont eue avec ce traité depuis 2002», écrit le syndicat, arguant que «la protection des salaires n'est pas négociable».

La présidente d'Unia Vania Alleva lui a remis le courrier en mains propres et tous deux se sont entretenus vendredi après-midi à Berne. Vania Alleva a enjoint à Petros Mavromichalis «d'ouvrir les yeux sur l’intense lobbying mené depuis des années par des associations patronales du Bade-Würtemberg (D) auprès de la Commission européenne pour le démantèlement de la protection des salaires en Suisse».

UE prête à donner des garanties, mais

«Ce sont souvent ces mêmes entreprises qui se retrouvent sanctionnées car elles n'ont pas respecté les salaires minimums» prévus par les conventions collectives de travail (CCT), s'est indigné Unia dans sa lettre, que Keystone-ATS a pu consulter.

Au lieu d'écouter «quelques milieux qui défendent leurs intérêts particuliers, l'UE ferait bien d'entendre les salarié-e-s et leurs syndicats», insiste Unia dans son communiqué.

Dans le journal dominical, l'ambassadeur a aussi dit que l'UE était prête à donner des garanties concernant la protection des salaires. Mais qu'elle n'entendait pas revenir sur la règle des huit jours, actuellement en vigueur, qui oblige toute entreprise européenne qui veut travailler en Suisse à s'annoncer sur internet huit jours à l'avance afin de lutter contre la sous-enchère salariale.

Motif avancé par l'UE: des compromis sont déjà prévus. «Nous acceptons un délai d'annonce de quatre jours», a-t-il déclaré.

Pour mémoire, l'UE estime que les négociations autour de l'accord-cadre se sont terminées en 2018. Pour la Suisse, il reste trois points en suspens: les mesures d'accompagnement, la citoyenneté de l'UE et l'accès aux prestations sociales. Points que l'UE considère comme de simples formalités.

Les cantons veulent des clarifications

Ces dernières semaines, la secrétaire d'Etat suisse Livia Leu s'est rendue à Bruxelles pour des discussions. En cas d'échec des négociations, les relations entre l'UE et la Suisse resteraient en l'état, sans nouveaux accords et sans mise à jour des accords actuels.

Comme d’autres organisations et partis avant elle, la Conférence des gouvernement cantonaux (CdC) a demandé vendredi une «clarification rapide des questions en suspens». Ce même jour, son bureau a discuté des répercussions qu’aura le nouvel accord de commerce et de coopération conclu entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne sur le futur accord institutionnel entre l’UE et la Suisse.

Mais les débats sur la question ne pourront être menés qu’une fois que les questions en suspens auront été tirées au clair, a souligné la CdC dans son communiqué.

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