Trois femmes piloteront le commerce multilatéral 

sn, ats

18.2.2021 - 12:04

Les organisations multilatérales économiques à Genève ont longtemps été dirigées par des hommes. Début mars, la majorité d'entre elles sera pilotée par des femmes, pour quelques mois au moins. Celles-ci seront même à la tête des trois institutions sur le commerce.

Ngozi Okonjo-Iweala va diriger dès le 1er mars l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et les deux autres organisations multilatérales sur le commerce seront aussi pilotées par des femmes à Genève (archives).
ATS

Le 1er mars, la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala deviendra la première femme à diriger l'Organisation mondiale du commerce (OMC), après six hommes. Celle qui sera aussi la première Africaine à la tête de cette institution a admis sentir «une charge supplémentaire» après cette nomination considérée comme historique par plusieurs acteurs internationaux.

Mais elle ne sera pas la seule femme à oeuvrer à la relance économique internationale depuis Genève, notamment pour les pays en développement. Depuis mardi, la Belge Isabelle Durant dirige provisoirement la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), en attendant que le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres nomme le successeur ou la successeure de Mukhisa Kituyi, parti à quelques mois de la fin de son mandat.

Dans les deux entités, il aura fallu une lenteur d'escargot, plusieurs décennies, avant qu'une femme ne soit désignée. Les deux patronnes rejoignent la directrice exécutive du Centre du commerce international (ITC), institution conjointe de l'ONU et de l'OMC, Pamela Coke-Hamilton et la secrétaire exécutive de la Commission économique de l'ONU pour l'Europe (CEE-ONU) Olga Algayerova.

«Cela me réjouit», affirme à Keystone-ATS l'ambassadeur suisse à l'ONU à Genève Jürg Lauber, après les nominations des dirigeantes de l'OMC et de la CNUCED. «Ces organisations vont pouvoir s'appuyer sur une nouvelle approche, une nouvelle énergie», dit-il.

Effort additionnel à mener

Des efforts pour davantage d'égalité dans la Genève internationale ont été menés depuis plusieurs années, notamment au travers de l'initiative des «Gender Champions». Pour autant, «le travail n'est pas terminé», admet M. Lauber.

Les dix directeurs généraux de l'Organisation internationale du travail (OIM) ont été des hommes. Comme à l'Union internationale des télécommunications (UIT) et à l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), les femmes ont été contraintes jusqu'à présent de se satisfaire de fonctions d'adjointes ou de directrices de divisions.

La discussion ne se limite pas aux organisations multilatérales économiques. Certes, une femme dirige l'ONU à Genève depuis près de deux ans pour la première fois. Et le Conseil des droits de l'homme est mené par l'ambassadrice fidjienne Nazhat Shameem Khan. Mais les femmes n'ont constitué que 20% des présidents de cette instance.

Suisse pas exemplaire à Genève

La Suisse, qui soutient les Gender Champions, n'est elle pas non plus représentée de manière égale dans la Genève internationale. Huit ambassadeurs suisses sont en fonction à la mission à l'ONU, à la tête de centres financés par Berne ou comme secrétaire général de l'Association européenne de libre-échange (AELE). Tous sont des hommes.

A New York aussi, la question est posée pour l'ONU. Elle l'était déjà au moment de la nomination du secrétaire général Antonio Guterres. Depuis son entrée en fonctions, il a réussi à atteindre la parité parmi les dirigeants et toutes les commissions régionales sont pilotées par des femmes.

Mais, alors que M. Guterres s'est lancé pour obtenir un second mandat et semble satisfaire les membres permanents du Conseil de sécurité, le Honduras a réclamé aux autres Etats des candidatures féminines. Une employée canadienne trentenaire de l'ONU souhaite affronter l'actuel chef.

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