Au bord du précipice, la Suisse ne peut plus perdre

ATS

13.11.2020

L'équipe de Suisse ne veut pas y penser. Mais si elle venait à perdre contre l'Espagne samedi (20h45) à Bâle, elle sera reléguée en Ligue B.

En cas de défaite contre l'Espagne, la Suisse sera reléguée en Ligue B.
Keystone

La Ligue des nations, la Suisse l'a très vite aimée. Elle a été l'occasion d'offrir à une génération renouvelée de belles émotions: ce match fou contre la Belgique en novembre 2018, ce Final Four au Portugal huit mois plus tard.

L'équipe nationale a rapidement saisi son sens et son intérêt. L'erreur y est tolérée comme dans un match amical, mais l'enjeu lui donne une valeur qui contraint d'y associer une réflexion plus globale. Surtout face à des adversaires toujours très bien armés.

Sauf que la deuxième édition ne réussit pas aussi bien à la sélection de Vladimir Petkovic. Avec l'Espagne et l'Allemagne, elle n'a pas été vernie au tirage. Mais c'est le jeu du football des grandes nations, celui auquel la Suisse veut appartenir et se faire une place à long terme.

«Nous voulons toujours jouer contre de grosses équipes», revendique le Mister, refusant d'envisager l'éventualité d'une relégation. La donne est pourtant claire aujourd'hui: une défaite contre l'Espagne condamnerait la Suisse. Et si cette dernière obtient un ou trois points, il lui faudra de toute manière l'emporter contre l'Ukraine mardi à Lucerne.

«Ne pas viser le nul»

La marge est fine, résultat d'un automne médiocre et qui ne légitime pas vraiment les ambitions. «Nous voulons nous mesurer aux meilleurs, clame toutefois Granit Xhaka. Alors c'est sûr qu'une relégation serait une énorme déception.»

Reste à savoir comment l'éviter. Face à l'Espagne, un point pourrait suffire pour continuer à y croire. «C'est important de chercher à être parfaits, plaide Petkovic. Il ne faut pas viser le match nul, mais la victoire. Même en Espagne, nous avons vu qu'il existait des possibilités de faire quelque chose. Mais nous avions peut-être eu trop de respect. Nous devons être plus relâchés.»

Ce qui ne signifie pas transiger sur l'approche à adopter. Là où un certain scepticisme entoure les dernières prestations de l'équipe de Suisse, notamment sur cette volonté de construire depuis derrière malgré la probabilité de faire des erreurs, les premiers concernés sont eux catégoriques: «Nous n'avons pas à nous cacher, nous devons continuer à jouer notre jeu», ambitionne Xhaka. «Nous voulons être offensifs», confirme le sélectionneur.



Cela ne changera pas, c'est le credo. Et si adaptation il doit y avoir, elle sera au niveau de la composition d'équipe. Fabian Schär suspendu, on peut logiquement imaginer que Rodriguez, Akanji et Elvedi formeront la ligne défensive. Avec une certaine pression, mais également plus d'assurance pour repartir depuis l'arrière et, donc, limiter les offrandes à l'adversaire.

«Mais nous ne devons pas nous focaliser que sur les erreurs de notre défense, vient à la rescousse en bon capitaine Xhaka. Nous devons aussi éviter les erreurs plus haut, en réussissant les dernières passes. Nous devons être beaucoup, beaucoup plus précis pour remporter des matchs.» Une plaidoirie répétée par son entraîneur quelques minutes plus tard.

Le moment de confirmer

Le milieu d'Arsenal, leader de l'équipe de Suisse, sera bien sûr la pierre angulaire samedi. «Je crois que, avec cette équipe, nous pouvons vraiment réaliser quelque chose de grand. Mais le moment est venu de confirmer, nous avons assez parlé.» Le discours est offensif, à l'image du style de jeu. Avec une question similaire: est-il vraiment adapté?

L'absence de résultats ne leur offre pour l'instant aucune crédibilité. Une relégation en Ligue B inverserait peut-être la tendance: la Suisse aurait la possibilité d'affronter des équipes auxquelles elle est prétendument supérieure. Et cela pourrait être plus révélateur de son niveau, qui se trouve sans doute entre la dixième et la quinzième place européenne.

Mais la théorie ne plaît pas à Vladimir Petkovic: «En matière de résultat, la Ligue B serait peut-être une meilleure chose. Mais pour le football suisse, pour le développement des joueurs et de l'équipe nationale, il est important de rester en Ligue A.» Cela ne tient plus qu'à lui et à ses joueurs.

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