Une saison sans champion! - "Il y aura des dégâts financiers"

ATS

13.3.2020

L'Assemblée de la Ligue nationale a décidé de ne pas attribuer le titre de champion de Suisse cette saison. Il n'y aura par ailleurs aucune relégation ni aucune promotion, que ce soit en National League ou en Swiss League.

Denis Vaucher a annoncé qu'il n'y aura pas de champion cette saison.
Keystone

Vainqueurs de la phase préliminaire avec un point d'avance sur Zoug, les Lions de Zurich n'ont donc pas décroché sur le tapis vert un dixième titre de champion. L'Assemblée de la Ligue nationale a pris la décision à une majorité assez nette, comme l'a relevé le directeur général de Fribourg Gottéron Raphaël Berger à l'issue de la brève conférence de presse organisée à Ittigen.

«Nous avons choisi la stabilité et la clarté. C'était important en cette période de crise», a pour sa part expliqué Denis Vaucher, directeur National League et Swiss League. «La discussion était très ouverte. Les intérêts étaient forcément divergents. Mais les différents protagonistes n'ont pas montré trop d'émotions. La décision était assez claire», a-t-il glissé.

Kloten et Viège recalés

Le «Z» est donc simplement récompensé par une place dans la prochaine Ligue des champions, ont également décidé les clubs de National League et de Swiss League lors de leur assemblée générale extraordinaire organisée vendredi en début d'après-midi à la Maison du Sport. Zoug, Davos, Genève-Servette et Bienne sont eux aussi qualifiés pour cette compétition.

Kloten (1er du tour qualificatif de Swiss League) et Viège (4e), qui avaient fait acte de candidature pour la National League, ont quant à eux vu leur demande de promotion rejetée. Tout comme Bâle/Petit-Huningue et Valais-Chablais, qui visaient la Swiss League. «Un 13e club en National League la saison prochaine aurait posé beaucoup de problèmes de calendrier en raison des travaux entrepris dans de nombreuses patinoires», a expliqué Denis Vaucher.

Ces décisions font suite à l'annulation avec effet immédiat des championnats décrétée jeudi, après que le Conseil d'Etat du canton du Tessin avait interdit toutes les manifestations sportives jusqu’au 29 mars au moins. «Nous avons vécu une journée noire jeudi», a lâché Denis Vaucher. C'est d'ailleurs simplement la deuxième fois de l'histoire après 1940 qu'aucun club n'est couronné champion de Suisse, rappelle Swiss Ice Hockey.

Zahner: «La barre était trop haute»

«Nous avions besoin de la majorité des trois-quarts pour être désigné champions, soit 18 clubs sur 24. La barre était trop haute», a réagi le CEO des Zurich Lions Peter Zahner. «Je n'aurais de toute manière pas imaginé au soir de la dernière journée du tour préliminaire que la victoire obtenue face à Zoug nous permettrait d'obtenir le titre», a-t-il souligné, fataliste.

«On a le droit d'estimer que le fait d'avoir été la meilleure équipe sur 50 journées justifie un titre de champion. Mais nous n'avons pas réussi à faire accepter cela», a poursuivi Peter Zahner. «A partir du moment où on a stoppé un championnat avant son terme, cela n'avait aucun sens de valider un quelconque résultat», a pour sa part expliqué Raphaël Berger, directeur général de Fribourg Gottéron.

«Et cela n'aurait pas été cohérent de considérer le côté positif en décernant le titre de champion sans songer à l'aspect négatif, à savoir la relégation», a poursuivi l'ancien défenseur des Dragons. «Aucune décision n'a été prise à l'unanimité, mais les votes étaient très tranchés», a-t-il assuré.

«Il faudra trouver des solutions»

Les différents acteurs du hockey helvétique doivent désormais «digérer» les décisions des derniers jours et analyser plus sereinement la situation. Car tous vont au-devant de difficultés financières, même si les prêts remboursables à taux zéro prévus pour les clubs professionnels par le Conseil Fédéral jusqu'à hauteur de 50 millions de francs devraient les soulager quelque peu.

«Nous devrons discuter avec tous nos partenaires, TV et sponsors. La situation est dure et triste, pour tout le monde. Il faudra trouver des solutions», a souligné Denis Vaucher. «Il y aura des dégâts financiers», a évidemment confirmé Raphaël Berger. Peut-il imaginer par exemple un assouplissement des exigences financières concernant les licences? «A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Mais ce sera d'abord aux clubs de chercher à régler leurs problèmes», a conclu le Fribourgeois.

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