Marc Rosset : "Le problème est que tu as un Federer tous les 150 ans"

Chris Geiger, à Genève

17.5.2021

Chris Geiger, à Genève

17.5.2021

Le tennis suisse est bien représenté cette semaine au Geneva Open. Dans l'ombre de Roger Federer, Dominic Stricker et Henri Laaksonen sont également de la partie au Parc des Eaux-Vives. 

Marc Rosset ne veut pas mettre trop de pression sur Dominic Stricker.
Keystone

Le grand public attend avec impatience l'entrée en lice de la superstar Roger Federer (ATP 8) mardi en début de soirée au Geneva Open. En attendant les premiers coups de raquette du Maître au Parc des Eaux-Vives, les fans suisses auront néanmoins l'occasion de vibrer pour deux autres représentants helvétiques, Dominic Stricker (ATP 419) et Henri Laaksonen (ATP 150).

Vainqueur de Roland-Garros juniors en octobre 2020 puis du Challenger de Lugano en mars dernier, le jeune bernois suscite depuis une vive curiosité. Opposé au premier tour à Marin Cilic (ATP 46), vainqueur de l'US Open en 2014, le joueur de 18 ans doit avant tout apprécier le moment présent.



"Il doit se faire plaisir et jouer sa carte à fond. Il s'agit d'une superbe expérience pour lui. Je serais évidemment heureux s'il parvenait à 'péter' le tournoi, mais j'ai surtout envie qu'il profite de sa semaine et que cette invitation le motive pour la suite", a expliqué d'entrée Marc Rosset, directeur sportif du tournoi.

Avant de "protéger" le prodige alémanique. "Il faut le laisser grandir gentiment et ne pas le comparer à Roger (ndlr : Federer) ou à Stan (ndlr : Wawrinka). On parle beaucoup de lui car on cherche absolument un successeur à nos deux champions. Le problème est que tu as un Federer tous les 150 ans et un Stan est tout aussi rare. On parle quand même de deux vainqueurs de tournois du Grand Chelem. Si Stricker arrive dans les 50-100 premiers au classement ATP, ce serait déjà une superbe carrière. Je pense néanmoins qu'il a le potentiel pour aller plus loin, même si la route sera longue", a ajouté le Genevois de 50 ans.

Ce dernier s'est ensuite exprimé sur Henri Laaksonen, troisième et dernier Suisse présent dans le tableau principal. Vainqueur de Cedrik-Marcel Stebe (ATP 134) puis d'Alejandro Tabilo (ATP 166) ce week-end en qualifications, le Schaffhousois s'est offert le droit d'affronter au premier tour Marton Fucsovics (ATP 44), lauréat du tournoi en 2018.



"Je suis content qu'il soit sorti des qualifications car il a globalement bien joué. Ce n'est pas nouveau : il a le potentiel pour figurer aux alentours de la 50e place mondiale. Tout le monde le sait et le dit. C'est davantage un problème mental que tennistique. Car, sur cet aspect, il a tout. On attend désormais depuis longtemps qu'il confirme", a glissé le géant de deux mètres.

Champion olympique en simple à Barcelone en 1992, Marc Rosset a d'ailleurs toujours l'espoir de voir le joueur aux origines finlandaises s'établir dans le Top 100 mondial.



"J'espère vraiment qu'il puisse gagner des matches et des points ici à Genève afin de monter au classement ATP. Je pense que c'est plus dur de rentrer dans les 100 premiers que d'y rester. Une fois que tu es installé, il te suffit de gagner 2-3 matches par-ci, par-là pour conserver ton classement. C'est pourquoi il doit réussir à franchir cette barrière", a ajouté l'ancien capitaine de l'équipe de Suisse de Coupe Davis.

Après quatre ans de disette, le Parc des Eaux-Vives est assurément prêt à accueillir un digne successeur à Stan Wawrinka, dernier Helvète à avoir triomphé au Geneva Open, en 2016 et en 2017.