Christine Bravo: «Aujourd'hui, j'organise des croisières»

Caroline Libbrecht / AllTheContent

1.9.2020 - 14:33

Christine Bravo a complètement changé de vie.
Julien Hekimian

Christine Bravo, 64 ans, est passée de la télévision à la navigation. De son émission «Frou-Frou», elle n'a gardé que le nom. C'est ainsi qu'elle a nommé son bateau de croisière. L'occasion d'une déambulation sur la Seine, à Paris... en bonne compagnie!

Vous semblez reposée et heureuse, comment allez-vous?

Je viens de rentrer de vacances, où je suis partie sur les traces de mon enfance. J’ai loué une maison à Thonon-les-Bains au bord du Lac Léman. Pourquoi au bord d’un lac? Parce que j’aime l’eau et j’aime faire du bateau. D’ailleurs, j’ai tout lâché pour avoir uniquement des biens sur l’eau: à Paris, je vis avec mon compagnon Stéphane sur une péniche depuis deux ans; j’ai aussi un catamaran à La Trinité, en Bretagne.

«J’ai tout lâché pour avoir uniquement des biens sur l’eau.»

On vous a perdue de vue à la télévision… Et on vous retrouve sur un bateau. Que s’est-il passé?

Je n’ai plus envie d’être enfermée, d’avoir des contraintes et de gérer de l’humain. Sur un bateau, je me sens libre et je suis tranquille. J’ai passé toute la période de confinement, isolée sur mon bateau. Je n’en suis pas sortie une seule fois! J’aime aussi l’idée que, quand on est en mer, il y a une solidarité car on est tous fragiles. On ne regarde pas le bateau du voisin avec jalousie, on le regarde comme un allié potentiel.

Aujourd’hui, vous organisez des croisières historiques sur la Seine, à bord d’une vedette. Comment avez-vous eu l’idée de cette reconversion insolite?

Je voulais absolument acheter un bateau à Paris! J’ai commencé à chercher la perle rare, avec l’aide d’une agence spécialisée. En 2018, j’ai acheté une vedette de collection que j’ai appelé «Frou-Frou», du nom de mon ancienne émission de télé. Aujourd’hui, j’organise des croisières, animées par des historiens passionnés par le destin des souverains et des grandes figures du passé qui ont marqué la France. Les croisières sont intimistes, elles peuvent accueillir une dizaine de personnes au maximum. Et je suis aussi à bord! Tout au long de la Seine, on rit et on apprend beaucoup, des crimes crapuleux du Moyen-Age à Catherine de Medicis.

«Il se trouve que Stéphane est le patron de l’agence...»

L’achat du bateau est allé de pair avec une rencontre amoureuse. Qui est Stéphane Bachot?

Il se trouve que Stéphane est le patron de l’agence qui m’a aidée à trouver mon bateau. Il m’a fait visiter toutes les péniches de Paris. Au bout de quelques mois, on s’est regardés et on est tombés amoureux. Je ne pensais pas que cela pouvait encore m’arriver à 62 ans. La vie à deux ne faisait pas partie de mes priorités, d’autant que je passais beaucoup de temps à l’étranger. Trois mois au Mexique, trois mois en Californie… J’ai fait aussi un tour du monde avec ma fille Clara. En moyenne, je partais six mois par an. Je faisais de moins en moins de télévision, sauf «Sous les jupons de l’histoire» (émission diffusée depuis 2013 sur Chérie 25, NDLR), car j’adore l’histoire!

«En réalité, je suis solitaire, casanière et contemplative.»

Que recherchiez-vous à travers les voyages?

Je voulais être seule et incognito. J’ai une image de grande gueule, fêtarde, mais pas du tout! En réalité, je suis solitaire, casanière et contemplative. J’aime la solitude, le silence et les livres. Et j’aime beaucoup les Etats-Unis. Je suis partie tout un hiver dans le désert du Nevada, puis dans le désert de Californie. J’ai toujours aimé les voyages! A 21 ans, je suis partie vivre au Mexique avec mon fils de deux ans. Je suis une grande voyageuse.

«C’est l’homme idéal, c’est un marin, posé et calme.»

En quoi la rencontre avec Stéphane a-t-elle changé votre vie?

Depuis que je suis en couple avec Stéphane, j’ai mis entre parenthèses les voyages. J’aimais beaucoup être seule, la solitude ne m’a jamais fait peur. Mais là, la vie à deux est tout aussi agréable! C’est l’homme idéal, c’est un marin, posé et calme. Je ne savais même pas que cela existait (rires). Il est aux petits soins, il me prend comme je suis. A mon âge, il ne pourra pas me changer. Et moi, je ne cherche pas à le changer non plus, c’est ça l’amour, le vrai! Je le considère comme un allié, mais il n’est pas indispensable à mon bonheur. Du coup, la vie avec lui est géniale (rires).

Vieillir à deux, l’idée vous plaît-elle?

J’ai 64 ans, je n’ai pas de rides. Je ne comprends pas mon âge. Je pense qu’on a un seul âge: le même toute sa vie! En vrai, j’ai 12 ans dans ma tête! Je fabrique des bijoux de perles, je m’amuse à poster des photos de mode sur instagram, je m’improvise influenceuse et ça me fait beaucoup rire!

«J’ai 64 ans, je n’ai pas de rides.»

La télévision vous manque-t-elle?

Pas du tout. J’y vais seulement quand je suis invitée par des copains, Arthur ou Christophe Beaugrand par exemple. Là, je suis revenue aux «Grosses Têtes», sur RTL, avec mon ami Laurent Ruquier. C’est un grand pudique, il peut avoir l’air dur, il exprime peu ses sentiments. Néanmoins, il y a beaucoup d’amour entre nous! Laurent et moi avons connu une télévision libre, décomplexée, sympa…

Mon émission «Frou-Frou», réalisée avec une bande de filles, n’a duré que deux saisons, mais elle a beaucoup marqué les esprits. On était copines dans la vraie vie. Ma meilleure amie est toujours Valérie Expert. Les trublions, comme Thierry Ardisson (qui produisait «Frou-Frou», NDLR), la télé n’en veut plus. Aujourd’hui, la télé a tellement changé! Maintenant, le politiquement correct est partout.

Christine Bravo: «J’ai tout lâché pour avoir uniquement des biens sur l’eau».
Ingrid Otto
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