Oui du National aux crédits de 57 milliards

ATS

4.5.2020 - 21:11

Réuni en session extraordinaire à Bernexpo, le Conseil national a donné son aval aux crédits Covid demandés par le Conseil fédéral.
Source: KEYSTONE/ALESSANDRO DELLA VALLE

Le National a donné son feu vert lundi à 57 milliards de francs pour faire face à la crise du coronavirus. Si les prêts aux PME et les crédits pour les assurances chômage et perte de gain ont passé la rampe facilement, l'aide au transport aérien a été discutée.

Jamais le Parlement n'avait eu à se prononcer sur un montant aussi élevé. Ces crédits représentent 84% des dépenses totales de la Confédération en 2019, a expliqué Olivier Feller (PLR/VD) au nom de la commission. Dans l'ensemble, les mesures prises par le Conseil fédéral se justifient, à l'aune de la situation extraordinaire.

Siégeant extra-muros dans les halles de Bernexpo, mesures de protection contre le coronavirus oblige, les Chambres fédérales doivent se prononcer sur plusieurs crédits, même si la Délégation des finances a déjà donné son feu vert à une grande partie d'entre eux.

Garanties accordées

Le crédit d'engagement de 40 milliards pour les prêts cautionnés aux petites et moyennes entreprises (PME) est le principal poste du train de mesures du gouvernement. Il doit permettre de garantir des liquidités aux PME et éviter des faillites.

S'y ajoutent des crédits supplémentaires de 16 milliards de francs au total: 6 milliards pour l'assurance chômage pour les réductions d'horaire de travail, 5,3 milliards pour les allocations pour perte de gain, 2,45 milliards pour l'achat de matériel sanitaire en urgence comme les masques ou les appareils respiratoires ainsi que des aides à la culture (280 millions) et au sport (100 millions).

Toutes ces propositions ont passé la rampe. Il en est allé de même pour les 23,4 millions de francs destinés à la protection civile.

Dettes à venir

Un tel train de mesures est exceptionnel, a déclaré le ministre des finances Ueli Maurer. Et il ne s'agit que d'un début. Cette crise va occuper le Parlement encore longtemps. La façon dont le chômage va évoluer ces prochains mois est une inconnue. L'asurance chômage pourrait avoir besoin de 15 à 38 milliards de francs supplémentaires cette année, a-t-il annoncé. A fin 2020, le déficit de la Confédération pourrait atteindre de 30 à 50 milliards de francs.

Une situation qui inquiète l'UDC. L'austérité financière est nécessaire pour éviter que le contribuable n'ait à en subir les conséquences à long terme, a relevé Franz Grüter (UDC/LU). Les dépenses doivent être contenues. Le parti a notamment souhaité réduire les aides allouées à la culture et couper les montants destinés à l'acquisition de matériel sanitaire. En vain.

Aide à l'aviation

Le soutien au secteur du transport aérien a été le plus discuté. Le National a accepté lundi par 116 voix contre 77 les garanties bancaires de 1,275 milliard de francs pour Swiss et Edelweiss. Outre le soutien aux deux compagnies, le Conseil fédéral sollicite aussi un crédit d'engagement de 600 millions pour les entreprises connexes travaillant sur les aéroports nationaux.

Le gouvernement propose qu'aucun dividende ne puisse être versé et que les fonds garantis par la Confédération ne soient utilisés que pour les infrastructures suisses. C'est un bon compromis vu l'importance du secteur aérien pour l'économie suisse, a estimé le ministre des finances Ueli Maurer. L'argent ne sera pas dépensé à l'étranger, a-t-il rassuré.

Ces conditions ont été considérées comme insuffisantes par le camp rose-vert qui a rejeté les 1,9 milliard prévus. Par 130 voix contre 66, le National a néanmoins ajouté des exigences en matière environnementale non contraignantes.

Le versement des crédits devrait être subordonné au fait que les objectifs climatiques du Conseil fédéral fassent l'objet d'un contrôle et soient développés dans le cadre de la future collaboration avec les compagnies aériennes.

100 millions pour les crèches

Le Conseil national s'est aussi montré plus généreux que le Conseil fédéral dans le soutien aux crèches. Par 130 voix contre 60, il a décidé de leur accorder un soutien de 100 millions de francs en compensation des contributions que les parents n'ont pas versées durant la période de semi-confinement.

Le supplément au budget 2020 passe au Conseil des Etats qui s'y attaquera mardi.

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