Risque de polarisation après la crise

ATS

2.5.2020 - 11:20

78% des Suisses font confiance au Conseil fédéral.
Source: Keystone/ALESSANDRO DELLA VALLE

L’un des enjeux de la sortie de crise consistera à éviter la polarisation de la société suisse, révèle samedi un sondage de l’institut gfs.bern pour le compte du Temps, du Blick et du Corriere del Ticino. La réouverture des restaurants le 11 mai divise l'opinion.

La science (80 %), le Conseil fédéral (78%), l’Office fédéral de la santé publique (78%), les gouvernements cantonaux (74 %) inspirent confiance à la population. Mais cette confiance s’est légèrement érodée lorsque l’on est entré dans la seconde phase, celle du déconfinement, apprend-on dans le sondage, réalisé entre le 22 et le 27 avril.

Plus de 25'000 personnes de plus de 16 ans ont participé à l’enquête en ligne (marge d’erreur de 4%), dont plus de 22'000 en Suisse alémanique et seulement 2500 en Suisse romande. L’institut gfs.bern s’est efforcé de compenser ce déséquilibre en procédant à une pondération combinant différents critères.

C’est important dans la mesure où les Alémaniques et les Latins ont une perception différente de la crise et de ses conséquences, souligne Le Temps dans son édition du week-end.

Médias moyennement notés

«Les autorités ne parviennent pas à convaincre une partie de la population. Dans le cadre de l’accélération du processus de déconfinement, il faudrait éviter de polariser la société», résument les auteurs de l’étude.

Concernant l'équilibre entre les arguments économiques et les intérêts sanitaires, les avis sont partagés: 43% jugent que les dégâts économiques sont excessifs alors que 15% seulement sont d’avis que les dommages occasionnés à la santé sont trop importants. Mais 42% estiment que les mesures prises pour contenir la pandémie respectent l’équilibre entre les intérêts économiques et sanitaires.

La réouverture des restaurants le 11 mai divise aussi l'opinion. Effectué avant la décision du Conseil fédéral, le sondage montre que 39% souhaitent une réouverture anticipée alors que 40% s’y opposent.

Le travail de la presse ne fait pas non plus l'unanimité. Près de deux Suisses sur trois (63%) estiment qu’ils ont bien fait leur travail, mais 37% pensent le contraire.

Besoin de voir ses amis

Ce qui aura le plus manqué pendant cette phase de semi-confinement, c’est l’absence de contacts directs avec les amis et les collègues pour 89% des sondés. Les manifestations sportives leur manquent moins (36% seulement). Les avis sont partagés à propos du voisinage: 33% disent avoir renforcé leurs relations avec leurs voisins alors que 42% affirment que rien n’a changé.

Les Suisses sont conscients qu'un retour à la normale n'est pas pour tout de suite. Près de 73% des personnes sondées pensent que la vie sociale restera restreinte pendant au moins douze mois, 55% imaginent que les voyages à l’étranger seront impossibles jusqu’à la fin de l’année. Pour faire passer la pilule d'un été en Suisse, 40% souhaitent que les piscines soient accessibles.

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