Avec son agence d'architecture, la SNCF veut construire plus écolo

Relaxnews

19.7.2019 - 08:18

La gare de Shanghai-Sud reste 13 ans après son ouverture une carte de visite pour Arep, l'agence d'architecture de la SNCF qui veut maintenant construire plus vert.
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La gare de Shanghai-Sud impressionne avec ses airs de soucoupe volante posée à l'entrée de la métropole chinoise. Elle reste 13 ans après son ouverture une carte de visite pour Arep, l'agence d'architecture de la SNCF qui veut maintenant construire plus vert.

Depuis cette gare-cathédrale toute ronde édifiée pour l'exposition universelle de 2010, Arep a multiplié les projets dans le pays. Elle y réalise actuellement six gares sur la ligne qui reliera Pékin aux sites des jeux Olympiques d'hiver de 2022 --dont une est creusée à 60 mètres sous la muraille de Chine--, mais aussi un musée et un pôle de correspondance géant dans un nouveau quartier de la capitale, et met au point un plan d'urbanisme à Wuhan (centre).

A Shanghai, après le centre de données informatiques d'une grande banque ordonné autour d'un jardin, l'agence s'apprête à bâtir des tours d'habitation sur une dalle de 1,8 km de long qui recouvrira un méga-dépôt de métro...

«On peut s'autoriser en Chine des choses qui ne sont plus possibles en France parce que trop grandes, trop chères ou trop ambitieuses», constate le patron de la SNCF Guillaume Pepy, venu cette semaine saluer l'équipe du nouveau bureau d'Arep à Shanghai.

Après quelques années de vaches maigres, l'Empire du milieu est à nouveau une terre de conquête pour Arep, qui profite notamment d'un important programme d'investissements dans les infrastructures de transport lancé par les autorités.

«La Chine représente 15% de notre activité», précise son président Raphaël Ménard. «La France fait 80% et le reste vient de Suisse, du Moyen-Orient et du Vietnam».

Créée en 1997 par Jean-Marie Duthilleul et Étienne Tricaud, Arep se présente comme une agence interdisciplinaire qui rassemble un millier d'architectes, urbanistes et ingénieurs. Elle a réalisé en 2018 un chiffre d'affaires de 117 millions d'euros, une goutte d'eau dans les 33,3 milliards de l'empire SNCF.

«C'est une boîte qui n'est pas suffisamment connue dans le groupe», juge M. Pepy, qui voudrait notamment qu'elle dialogue davantage avec le spécialiste des transports publics Keolis.

- «blockbuster écologique» -Au quotidien, les relations ne sont pas toujours simples avec Gares & Connexions, la branche gestionnaire des gares françaises à laquelle Arep est rattachée, et qui lui fournit 70% de son travail.

«Gares & Connexions n'est pas dans un rapport de totale exclusivité, et souhaite en tant que client goûter à ce que font d'autres concepteurs», explique Raphaël Ménard. «Et nous avons à Arep aussi envie de travailler en dehors de notre client essentiel et privilégié, pour être meilleurs».

Arep vient ainsi de signer la reconstruction de la gare de Rennes mais ne réalisera pas l'agrandissement de la Gare du Nord, à Paris, dont elle a pourtant conçu le futur plan de circulation.

Et si les projets chinois font rêver, une partie des missions consistent plus modestement à mettre des bâtiments en conformité avec les normes d'accessibilité.

Pour surmonter ces frustrations peut-être, les architectes de l'ancienne «agence des gares» ont maintenant un nouveau défi: faire d'Arep «un leader de la construction bas carbone et de la ville résiliente, en France et à l'international».

«C'est un devoir de marquer un signal très fort au niveau de la profession de prendre vraiment au sérieux l'urgence écologique et l'urgence climatique», souligne Raphaël Ménard.

Nommé il y a quelques mois à la tête de l'agence pour incarner ce virage en accord avec la nouvelle «raison d'être» du groupe SNCF qui veut réduire ses émissions à zéro d'ici à 2035, il veut «faire un +blockbuster+ écologique».

Gares & Connexions par exemple, émet environ 200.000 tonnes de CO2 tous les ans, dont 150.000 avec ses chantiers et 50.000 pour l'exploitation de ses 3.000 gares, dit l'architecte-en-chef de la SNCF. A Arep de proposer des solutions pour réduire ces chiffres.

«Il faut voir aussi comment on peut refondre le modèle économique de notre profession», relève-t-il. Celle-ci est en effet rémunérée au prorata du montant des travaux, ce qui selon lui incite plutôt à en faire trop, et donc à augmenter l'empreinte carbone.

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