Cent TGV du futur, une commande de l'Etat à Alstom qui rassure

Relaxnews

22.3.2018 - 20:17

Cette nouvelle génération de TGV devrait entrer en service en 2023 et transporter jusqu'à 700 passagers, au lieu de 500 actuellement.
Source: Relaxnews

L'Etat va passer une énorme commande de 100 "TGV du futur" d'ici à la fin juin auprès d'Alstom, une annonce du gouvernement de nature à rassurer les salariés du groupe ferroviaire avant son rachat par Siemens en 2018.

"Nous confirmons la commande par l'Etat de 100 TGV du futur. Cette commande doit passer devant le conseil d'administration de SNCF Mobilités soit fin avril, soit fin juin. En tout état de cause la décision est prise, elle sera effective", a déclaré le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. 

En 2016, Alstom, alors en difficulté, avait remporté l'appel d'offres pour développer avec la SNCF cette nouvelle génération de TGV qui devrait entrer en service en 2023 et transporter jusqu'à 700 passagers, au lieu de 500 actuellement.  

"On se réjouit de cette annonce du ministre. L'objectif de ce projet de TGV du futur est de réduire le coût d'acquisition, d'être plus compétitifs et de proposer de meilleurs services à bord pour les passagers", a affirmé à l'AFP Christopher English, porte-parole d'Alstom.

Contactée, la SNCF n'a souhaité faire aucun commentaire à ce sujet. Le plan de financement, notamment, reste à éclaircir.

Le contrat pourrait s'élever à 2,5 milliards d'euros puisque le coût d'une rame de ce TGV nouvelle génération est estimé à 25 millions d'euros, 20% de moins que les rames de TGV actuelles.  

Le TGV du futur fait partie des projets phares du plan de maintien des activités ferroviaires et industrielles sur le site de Belfort, annoncé en octobre 2016 pour faire face, en particulier, à la concurrence du géant chinois CRRC. 

"Bien sûr que c'est une bonne nouvelle, mais on voudrait que cela soit signé pour qu'on nous dise +vous allez commencer à fabriquer des TGV à telle période+", a réagi Fabrice Cotrel, représentant du syndicat FO sur le site de La Rochelle, qui suscitait aussi quelques inquiétudes quant à sa pérennité.

Rien n'a encore été tranché quant aux sites de production qui seront retenus pour construire ces nouveaux TGV.

"Aujourd'hui, on n'a pas la certitude que la direction d'Alstom ait la volonté de fabriquer ces motrices à Belfort", s'est inquiété Olivier Kohler, délégué CFDT Alstom Belfort, disant "rester méfiant". 

"Henri Poupart-Lafarge (le PDG d'Alstom) nous avait dit que les cinq premières rames du TGV du futur seraient faites à Belfort mais que pour les autres rien n'était décidé", ajoute André Fages, délégué CFE-CGC Alstom Belfort.

Actuellement, le site de Belfort fabrique les locomotives des trains Alstom tandis que celui de La Rochelle assemble les voitures transportant les passagers. 

"Il est important que le gouvernement donne des précisions sur le cadencement de la production des TGV. Pour maintenir l'outil industriel, il est indispensable que la production de ce TGV du futur se fasse au rythme de 10 à 12 TGV par an", a de son côté demandé le maire de Belfort, Damien Meslot (LR). 

Il s'agit de la cinquième génération de trains à grande vitesse qu'Alstom livrera à la SNCF depuis la première version, en 1981, qui permettait alors de relier Paris à Lyon en moins de trois heures. 

Bruno le Maire s'exprimait à l'issue de la première réunion du comité de suivi de la fusion entre Alstom et Siemens, qui réunissait les présidents des deux groupes et les syndicats du groupe français. 

Le constructeur ferroviaire Alstom doit être repris par l'allemand Siemens pour donner naissance au numéro deux mondial du matériel ferroviaire roulant et au numéro un de la signalisation ferroviaire. 

Alstom emploie actuellement 32.800 salariés, dont 9.000 en France. 

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