Championne du monde bafouée

Tollé suite au titre d'une transgenre: "Ce n'est pas juste!"

Chris Geiger

17.10.2018

Une vive polémique a éclaté suite au titre de championne du monde décroché par Rachel McKinnon. La raison? La Canadienne est une transgenre, ce qui a été vigoureusement critiqué par ses adversaires.

Une vive polémique a éclaté suite au titre de championne du monde décroché par la transgenre Rachel McKinnon
Screenshot Twitter Dr. Rachel McKinnon

Rachel McKinnon a marqué l'histoire dimanche dernier à Los Angeles. La Canadienne est, en effet, devenue la première athlète transgenre à décrocher un titre mondial, tous sports confondus. La cycliste a été sacrée lors de l'épreuve Masters sur piste, en catégorie femmes 35-39 ans. 

Mais ce succès historique n'a pas plu à tout le monde. Il a surtout déclenché une vive polémique, notamment chez ses adversaires. "J'ai été classée troisième. Ce n'est définitivement pas juste", a ainsi réagi après la course Jennifer Wagner-Assali, médaillée de bronze à Los Angeles.

Avec cette déclaration, la pistarde américaine remet en cause les capacités physiques supérieures dont Rachel McKinnon bénéficierait grâce à son ancien corps d'homme. 

D'autres internautes ont emboité le pas de Jennifer Wagner-Assali et ont vigoureusement critiqué le triomphe de la cycliste canadienne. "Pour plus de clarté, c'était les championnats du monde des dames. Je répète: des dames. Félicitations aux braves médaillées d'argent et de bronze. Le monde est pris de folie", a twitté Katie Hopkins.

Dans le même genre, le compte Cyberbloke a même accusé Rachel McKinnon de vol. "Comment pouvez-vous regarder dans les yeux les femmes à qui vous avez volé une médaille de vainqueur? Ne pensez-vous pas plutôt avoir fait reculer le mouvement trans' avec votre victoire honteuse?"

Ces violents commentaires n'ont pas trop secoué la néo-championne du monde. Dans un premier temps, la pistarde a tenu à savourer son titre: "Voilà, je suis championne du monde." Puis elle a tenu a clarifié que son succès n'était pas dû au hasard: "Je m'entraîne 15 à 20 heures par semaine, deux fois par jour, cinq à six jours par semaine. Pour vous, j'ai juste sauté de mon canapé et gagné. Mais vous êtes des bigots transphobes."

Une vision qu'elle souhaite changer, comme elle l'a expliqué à nos confrères de "VeloNews". "Les personnes qui s'opposent à l'inclusion des personnes trans' dans le sport nous confrontent à une double peine. Si je gagne, c'est parce que j'ai un avantage sur les autres. Si je perds, elles vont dire que je ne dois pas être assez forte. Ces personnes ne vont jamais attribuer ma victoire au fait que je travaille dur. C'est pourtant ce que je mérite."

Rachel McKinnon s'est montrée forte pour devenir championne du monde, elle devra sans doute se montrer encore meilleure pour faire changer les regards sur elle.

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