Al Bano et Romina Power: la séparation

Katja Schwemmers, dpa

20.3.2018

Le duo pop italien Al Bano (né Albano Carrisi) et Romina Power lors de leur concert à Hambourg.
Daniel Reinhardt

Après un come-back réussi, l’heure des adieux a sonné. L’artiste italien Al Bano veut arrêter de chanter d’ici la fin de l’année. Avant de raccrocher définitivement son chapeau, il offre à son public un dernier tour de piste de haut vol avec sa partenaire Romina Power.

C’est le début de la fin. Al Bano (74 ans) et Romina Power (66 ans) se séparent – une fois de plus. Cette fois, il ne s’agit pas de couple, le divorce ayant déjà été prononcé en 1999 après 29 ans de vie commune, mais de scène.

Al Bano est à l’origine de cette décision. Il préfère se tourner désormais vers le vin – rappelons que le chanteur pop italien est viticulteur à ses heures. Dimanche soir, le duo a donné le premier concert de sa tournée allemande à Hambourg.

Ce qui était à l’origine conçu comme le prolongement de leur grand retour en 2017 s’avère être aujourd’hui la dernière tournée conjointe des deux stars. En plus de l’équipe habituelle, ils sont accompagnés sur scène d’une violoniste et de quatre choristes. Des photos défilent sur un écran derrière eux, semble-t-il de façon aléatoire: des coccinelles succèdent aux avions, un coucher de soleil romantique prend la place de soldats.

Les artistes entrent en scène l’un après l’autre, ils ont l’air bien: Al Bano porte son éternel chapeau clair et une veste bleue brillante, Romina Power une tenue ample vert fluo qui laisse apparaître ses épaules et des sandales plates qu’elle porte pieds nus. Romina n’a rien perdu de sa grâce et maîtrise toujours aussi bien la danse où elle se penche légèrement en avant, qui lui permettait de tricher dans les années 80 et de dissimuler le fait qu’elle dépassait Al Bano de quelques centimètres, à l’époque son partenaire sur scène comme à la ville.

Pendant leur tournée allemande qui dure jusqu’à fin mars, Al Bano et Romina Power se produiront à Berlin, Rostock, Wetzlar, Stuttgart et Sarrebruck.
dpa

Lorsqu’ils entonnent leurs grands duos, les spectateurs se retrouvent en quelques minutes transportés en Italie. «Sempre Sempre», «Sharazan», «Magic oh Magic» et «Felicita»: ne me dites pas que ça fait déjà 30 ans qu’on se déhanche sur ces tubes qui ont fait le tour du monde? En tout cas, si Al Bano a décidé d’arrêter la chanson, ce n’est manifestement pas à cause de ses cordes vocales. La qualité de sa voix est exceptionnelle, notamment lorsqu’il interprète des morceaux classiques en solo, comme des arias. Impossible de ne pas succomber au charme de l’Italien, qui s’exprime presque exclusivement dans sa langue maternelle entre les chansons.

A l’inverse, Power, née aux Etats-Unis, chante en anglais et pose un regard critique sur son pays. «L’Amérique n’est plus un pays paisible», comme elle l’explique dans le titre «Message» qu’elle a elle-même composé. Plus tard, dans la soirée, elle chante «Power To The People». Avec les chanteuses des chœurs, elle brandit une pancarte de protestation, sur laquelle on peut lire: «Climate change is real» (le changement climatique est une réalité). Ou encore «Help save our seas!» (Aidez-nous à sauver nos mers!)

L’émotion est à son comble lorsqu’elle récite en allemand un poème qu’elle a écrit elle-même. Dans «Eine Mutter, ein Kind, die Zeit und ich» (Une mère, un enfant, le temps et moi), elle aborde subtilement la douleur causée par la disparition de leur fille Ylenia Carrisi il y a 24 ans, également à l’origine de sa rupture avec Al Bano. Les performances en solo des deux artistes ne pourraient être plus différentes. Alors que les images des jours heureux du couple continuent à défiler sur l’écran, on voit bien qu’il n’y a plus d’étincelles entre eux sur scène. Le romantisme, c’était avant. De nombreux fans se rapprochent de la scène pour leur lancer des fleurs et faire dédicacer de vieux disques. Il faut prendre le temps de se dire adieu.

Le 3 novembre, le duo se produira à nouveau au Hallenstadion de Zurich dans le cadre de la nuit de la variété italienne, «La Notte Italiana».

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