Christa Rigozzi: «Je serais le parfait James Bond»

De Bruno Bötschi

12.11.2019

Christa Rigozzi à propos de ses modèles: «J’aime les femmes et je trouve important que nous nous soutenions mutuellement. Il y a aussi bien sûr des hommes qui font du bon travail, qui me servent de modèle. Mais mes modèles restent jusqu’ici ma grand-mère de 91 ans et ma mère.»
Livia Bass

Elle figure parmi les femmes les plus célèbres de Suisse. Christa Rigozzi dévoile le secret de sa relation amoureuse de longue date, indique pourquoi elle ne veut pas être qualifiée de «féministe» et parle de ses ambitions politiques.

Plus d’un homme suisse en rêverait probablement: passer deux jours à Florence avec Christa Rigozzi. Deux jours en compagnie de la femme ayant la moitié du pays à ses pieds.

Il ne s’agit malheureusement pas d’un voyage privé: Christa Rigozzi est l’ambassadrice des pizzerias Ristorante Molino, raison pour laquelle quelques journalistes gravitent autour d’elle durant son escapade en Italie. Et son emploi du temps est bien rempli à Florence: déguster des vins, cueillir des olives, faire des photos, répondre aux différentes questions.

Un entretien de 45 minutes est confirmé au journaliste. Et la voici assise devant moi, Madame Rigozzi. Elle affiche son plus beau sourire. Ah, mais c’est tout simplement son stratagème, pense le journaliste.

Madame Rigozzi, je vais vous poser un maximum de questions auxquelles vous devez répondre le plus rapidement et spontanément possible au cours des prochaines 45 minutes. Si l’une des questions ne vous convient pas, dites simplement «Je passe».

Très bien, je suis prête.

À quelle heure vous levez-vous?

Durant la semaine, je me lève toujours à 6 heures. J’ai d’abord besoin d’un café pour être bien réveillée, je suis ensuite prête pour affronter la journée et m’occuper de ma famille. Il me faut aussi pouvoir disposer de quelques instants seule le matin sinon je deviens agressive (elle rit).

Le téléphone aux toilettes, oui ou non?

Non, je suis rapide, le temps manquerait pour cela.

Quand n’êtes-vous pas connectée?

Pendant la nuit.

Quand avez-vous regretté la dernière fois de n’avoir pas éteint votre téléphone?

Jamais encore.

L’année dernière a été éprouvante, avez-vous récemment confié lors d’une interview avec Claudia Lässer de Teleclub. Comment s’est déroulé 2019 jusqu’à présent?

Super, et j’en suis très reconnaissante. Mes amis qui avaient connu des ennuis de santé l’année passée sont heureusement à nouveau en forme et j’ai pu lancer plein de projets géniaux côté professionnel.

Vous avez loué une maison durant un mois à Ibiza l’été dernier: comment était-ce?

Fantastique.

Était-ce la première fois que vous avez passé de si longues vacances en compagnie de vos jumeaux de trois ans?

Non, je fais chaque été une pause d’au moins quatre semaines. J’ai même eu huit semaines cette année. Je suis restée à la maison avec les jumeaux au Tessin pendant un mois et le second nous l’avons passé en famille à Ibiza.

Êtes-vous aussi allée danser une fois dans un des nombreux clubs à Ibiza?

Non, je me suis rendue jusqu’ici cinq fois à Ibiza mais encore jamais dans un club. J’aime cette île pour ses magnifiques criques et ses plages de rêve.

Christa Rigozzi à propos de ses rituels matinaux: «Durant la semaine, je me lève toujours à 6 heures. J’ai d’abord besoin d’un café pour être bien réveillée, je suis ensuite prête pour affronter la journée et m’occuper de ma famille. Il me faut aussi pouvoir disposer de quelques instants seule le matin sinon je deviens agressive.»
Livia Bass

Le surnom que vous donnez à votre mari Giovanni?

Gio.

Et comment lui vous appelle-t-il?

Chri, mais la plupart du temps nous nous appelons «amour».

Comment appelez-vous votre mari lorsque vous êtes fâchée contre lui?

Gio, mais je dis le nom plus fort et l’intonation est plus sévère.

Êtes-vous une personne courageuse?

Très.

Marcher sur des braises, oui ou non?

Non, par contre j’adore les massages aux pierres chaudes (elle rit).

Le saut à l'élastique, oui ou non?

Plutôt non, mais j’ai déjà effectué un saut en parachute en tandem à 4000 mètres de hauteur et j’ai déjà roulé à haute vitesse à moto sur le circuit d’Imola.

À quelle vitesse avez-vous roulé sur votre moto?

150, 160km/h.

Quelle faute d’adolescente souhaitez-vous confesser ici et en exclusivité maintenant pour «Bluewin» ?

J’ai un jour raconté à mes parents que j’allais passer la nuit chez ma meilleure amie. Et mon amie a raconté qu’elle irait dormir chez moi. Cela n’a fonctionné pour aucune des deux.

Qu’avez-vous fait à la place?

Nous sommes sorties et avons dansé en discothèque jusqu’au petit matin. C’était très drôle. Du moins jusqu’à la fermeture du club à 5 heures et que l’on se retrouve à l’extérieur.

Comment avez-vous terminé la nuit?

Nous sommes allées au restoroute où nous avons bu un café et mangé un croissant. Nous sommes ensuite restées assisses dehors sur un banc à parler un long moment avant de décider de finalement rentrer à la maison à huit heures et demie. En ouvrant la porte de la maison à mon retour, ma mère m’a regardée avec étonnement: «Comment, tu es déjà à la maison?»

Que lui avez-vous répondu?

Tu sais maman, je me suis réveillée si tôt et tu sais qu’on a tellement de devoirs pour l’école.

Le journaliste a désormais remarqué qu’il s’est trompé. Madame Rigozzi n'est pas une personne artificielle. Et pas superficielle non plus. Elle est au contraire intelligente, polie et pas compliquée. Elle est vraiment, mais alors vraiment top.

Qui étaient vos modèles?

Ma grand-mère et ma mère.

Vous ne manquiez donc pas d’exemples féminins lorsque vous étiez enfant?

Non. J’aime les femmes et je trouve important que nous nous soutenions mutuellement. Il y a aussi bien sûr des hommes qui font du bon travail, qui me servent de modèle. Mais mes modèles restent jusqu’ici ma grand-mère de 91 ans et ma mère.

Quand avez-vous réalisé la première fois que vous êtes belle?

Je n’ai jamais pensé: «Ce que je suis belle».

Même pas lorsque vous avez été élue Miss Suisse 2006?

Non, mais je me souviens encore très bien du moment après le vote où les journalistes m’ont félicitée et dit: «Vous êtes la plus belle femme du pays».

Qu’avez-vous répondu?

Ce n’est pas vrai, il n’y a de loin pas toutes les femmes du pays qui ont participé à ce concours.

Dans quelle mesure vous sentez-vous belle aujourd’hui à 36 ans?

Je suis bien plus sûre de moi qu’auparavant si bien que je me trouve plus belle aujourd’hui. Je ne comprends pas les gens qui affirment qu’ils seraient heureux d’avoir à nouveau 20 ans. Je ne ressens absolument pas un tel désir.

Aimez-vous être au centre de l'attention?

Oui, sinon je ne pourrais pas exercer cette profession.

Vous avez été élue Miss Suisse il y a 13 ans. Que reste-t-il de cela?

Cette élection a été mon tremplin professionnel. Depuis l’année où je suis devenue miss, je travaille dans le show-business, j’ai pu contribuer au développement de très nombreux projets et je suis active en tant qu’indépendante. Cette élection était ma plus grande opportunité et je l’ai saisie.

Quel a été le plus grand prix à payer en devenant miss?

J’ai perdu mon anonymat. Je suis devenue célèbre dans toute la Suisse du jour au lendemain. Je ne pouvais plus aller faire des achats sans être reconnue. Heureusement la vie d’une personnalité publique ici en Suisse n’est en rien comparable avec celle d’une vedette aux États-Unis. Elles sont pourchassées partout là-bas par les paparazzis.

Christa Rigozzi à propos de son année de Miss: «J’ai perdu mon anonymat. Je suis devenue célèbre dans toute la Suisse du jour au lendemain. Je ne pouvais plus aller faire des achats sans être reconnue. Heureusement la vie d’une personnalité publique ici en Suisse n’est en rien comparable avec celle d’une vedette aux États-Unis. Elles sont pourchassées partout là-bas par les paparazzis.»
Livia Bass

Les Suissesses et les Suisses se sont toujours comportés de manière respectueuse à votre égard?

Très.

Si vous aviez à nouveau 18 ans, tenteriez-vous votre chance comme influenceuse professionnelle?

Je n’en sais rien.

La femme la plus puissante avec qui vous avez soupé?

J’ai fait énormément de rencontres chouettes au cours des 13 dernières années avec tant de femmes formidables que je ne souhaite pas en mentionner une en particulier.

La première chose qui vous vient à l’esprit lorsque vous pensez à la nourriture?

Le plaisir.

Question bête: pourquoi séjournez-vous aujourd’hui à Florence et donnez-vous des interviews?

(Elle rit) Dois-je donner une réponse stupide?

Faites donc ce que vous ne savez pas faire.

Sérieusement, je suis l’ambassadrice de la chaîne de pizzerias Molino depuis l’année passée et suis donc pendant deux jours en voyage de presse. «Molino» fête cette année son 30e anniversaire si bien que nous souhaitons montrer d’où proviennent nos vins et notre huile d’olives servis dans nos restaurants.

À quel point connaissez-vous «Molino»?

Lorsque j’étudiais à Fribourg, j’étais souvent cliente du «Molino». En tant que Tessinoise, la nourriture italienne me manquait en Suisse romande et, pour cette raison, je m’y rendais souvent avec mes amis pour manger de la pizza et des pâtes.

Quelle était votre pizza préférée à Fribourg?

J’aime bien la pizza au carpaccio. Avant, je devais la composer moi-même avec les ingrédients: de la viande de bœuf, de la roquette, du parmesan et de l’huile de truffe. Le serveur me demandait presque à chaque fois: «Vous êtes sérieuse?»

La pizza Christa Rigozzi que l’on sert de nos jours au «Molino» est-elle vraiment votre propre création?

Effectivement.

Mangez-vous également des pizzas chez vous?

Oui, surtout le dimanche. Je prépare à chaque fois la pâte puis les enfants garnissent les pizzas. Je prépare encore souvent un gâteau après.

Quelle sorte de gâteau?

Un cake chocolat ou citron.

Cuisinez-vous souvent?

J’aime cuisiner et le fais bien. Ce que je préfère, ce sont les pâtes. Je crois que je pourrais en manger tous les jours. Les spaghettis accompagnés d’une sauce tomate fraîche sont mon plat favori dans l’absolu.

Que préfère manger votre mari?

Des pâtes.

Et quel est le repas favori des jumeaux?

Les spaghettis à la sauce tomate.

Seriez-vous prête à être végétarienne?

Non, j’aime la viande et aussi beaucoup le poisson. Je suis une bonne vivante et je mange de tout.

Mangez-vous de la viande chaque jour?

Non.

On ne décèle en outre aucune prétention chez Christa Rigozzi, pas de pauses théâtrales, pas de show. Et c’est bien ainsi.

Si l’on vous sert un mauvais plat au restaurant: vous réclamez auprès du personnel de service où vous en mangez un peu et prétendez à la fin que la portion était trop copieuse?

Je suis probablement trop polie pour réclamer, donc j’en mange une partie et je laisse le reste dans l’assiette. Quand le personnel vient débarrasser la table et demande, je réponds: «C’était bon mais je n’avais pas trop faim». Je sais que je ne devrais pas agir ainsi, mais je ne peux pas faire autrement sinon j’éprouverais de la peine pour le cuisinier. Je réclame uniquement si les employés sont désagréables.

Christa Rigozzi à propos des restaurants: «Je suis probablement trop polie pour réclamer, donc j’en mange une partie et je laisse le reste dans l’assiette. Quand le personnel vient débarrasser la table et demande, je réponds: «C’était bon mais je n’avais pas trop faim».
Livia Bass

Vous avez déclaré dans une interview au «Tages-Anzeiger»: «Lorsque j’arrive, je bois d’abord un verre d’eau gazeuse, pour me stimuler et combler mes besoins en eau. Je prends ensuite un verre de vin blanc, avec lequel je fais le tour des invités et fais santé. Ma limite s’arrête à deux verres de vin blanc. Je déteste déjà personnellement toute perte de contrôle, aussi infime soit-elle, que je ne souhaiterais même pas être ivre un tant soit peu lors d’un apéritif». Pourquoi craignez-vous tant de perdre contrôle?

Je suis une maniaque du contrôle. J’aime les apéritifs mais je ne consomme jamais plus de deux verres de vin au cours d’une soirée et je bois toujours de l’eau entre-deux quand je suis en déplacement professionnel. J’ai ainsi la garantie de ne pas avoir mal à la tête le lendemain.

Avez-vous déjà perdu votre contrôle une fois?

Non.

Votre phrase sur la perte de contrôle a inspiré le metteur en scène de théâtre Christoph Marthaler qui l’a incorporée dans sa pièce «Mir nämeds uf öis». Du reste sans vous demander l’autorisation de l’utiliser.

Cela a été un grand honneur qu’un metteur en scène aussi célèbre s’inspire de l’une de mes interviews pour sa pièce de théâtre. Il est toutefois exact qu’il aurait dû me demander préalablement ou au moins mentionner une source de l’interview quelque part.

Vous auriez pu poursuivre Christoph Marthaler en justice. Pourquoi ne pas l’avoir fait?

Car j’ai trouvé l’idée drôle dans son ensemble. De plus, Christoph Marthaler a donné une interview où il a avoué ses fautes. Et il m’a remercié d’avoir été si compréhensive et de ne pas l’avoir menacé d’entamer une procédure judiciaire.

Vous a-t-il invité à venir voir sa pièce?

Non.

Votre pointure de chaussures?

38.

Est-il bien exact que vous possédez plus de 600 paires de chaussures?

Avant oui, mais j’ai fait du tri. J’achetais en permanence de nouvelles chaussures, qu’elles soient chères ou bon marché. Je regarde davantage sur la qualité et le confort aujourd’hui, j’ai aussi atteint un certain âge (elle rit).

Combien de paires possédez-vous encore désormais?

Environ 300.

Votre couleur préférée?

J’en ai plusieurs: noir, vert émeraude et beige.

Votre couleur naturelle de cheveux?

Blond cendré.

Que dites-vous à votre coiffeur?

J’ai le meilleur coiffeur au monde. Je vais chez lui depuis 13 ans. Il s’appelle Davide et travaille chez Valentino, à la Löwenplatz à Zurich. Il n’est depuis longtemps plus seulement mon coiffeur mais nous sommes aussi devenus amis au fil des années. Davide ne réalise pas que des coupes fantastiques, c’est aussi une personne remarquable.

Vous avez confié dernièrement dans une interview: «Je suis toujours la même personne, que ce soit dans ma vie privée ou en public. Je ne dois jamais jouer de rôle». Honnêtement, j’ai du mal à y croire ...

Mais c’est bien la réalité, vous avez pu faire l’expérience avec moi depuis deux jours maintenant. Quand on me demande quel est le secret de ma réussite, je réponds toujours: «Je ne suis toujours que Christa, peu importe où je me trouve». Je n’ai vraiment jamais dû jouer de rôle. Je suis comme je suis, avec toutes mes faiblesses et mes forces.

Est-ce pour cette raison que les gens en Suisse vous aiment autant?

C’est possible. Je crois qu’ils apprécient que je sois toujours restée authentique. Je suis depuis presque 20 ans avec mon mari, nous avons fondé une famille. Je suis fiable, ponctuelle et toujours bien préparée. Je suis en outre polyglotte, ce qui me permet d’être active partout en Suisse. Et je travaille toujours dur pour réussir.

La tentation de vous démarquer, dans le monde où vous vivez et des gens qui vous entourent, n’est-elle pas énorme?

Mon mari, mes enfants, ma famille, je ne pourrais pas faire mon travail aussi bien sans eux. Je peux encore faire la connaissance de tant de célébrités, encore visiter de si beaux endroits, mais à la fin je sais que mon chez-moi est ma famille au Tessin. C'est la chose la plus importante dans ma vie et qui me redonne toujours des forces. Les membres de ma famille sont en même temps mes plus grands et mes plus sincères fans.

Lorsque vous recevez une proposition d’une compagnie, qui décide en fin de compte: vos entrailles, votre management ou le compte en banque?

La décision finale m’appartient toujours, mais j’en parle naturellement avant avec mon manager Raffy Locher, avec qui je collabore depuis 13 ans. Nous sommes une équipe bien rodée.

Et si des divergences d’opinion devaient survenir un jour …

… nous recherchons une solution commune. Je peux vous révéler que j’ai déjà renoncé à certains contrats lucratifs car je ne pouvais pas personnellement faire de la publicité pour un tel produit. Si je m’engage dans une entreprise, je le fais toujours à 100%. Mes partenaires apprécient en outre que j’investisse davantage de mon temps que stipulé dans le contrat. C’est aussi une raison expliquant que j’ai de si nombreux partenariats de longue date.

Êtes-vous douée pour mentir aux hommes?

Non, je ne suis pas une bonne menteuse, raison pour laquelle je ne pourrais jamais travailler comme actrice.

Michelle Hunziker affirmait  dans une interview: «Les femmes sont horribles. On dit toujours que les hommes sont là à regarder des matches de foot ou à se moquer des femmes quand nous sommes dans les cabines d'essayage, mais les femmes font exactement pareil ... »

Je n’ai jamais fait de telles expériences. Lorsque je suis en compagnie d’autres femmes, nous ne parlons pas en mauvais termes des hommes. Je n’aime pas faire de généralisations.

Les hommes ne sont vraiment jamais un sujet de discussion?

De temps à autre, oui (elle rit), mais nous ne parlons pas mal d’eux.

Vous êtes-vous déjà sentie défavorisée en tant que femme?

Jamais encore. Mais ce que je trouve étrange, c’est que des personnes continuent toujours à me demander, surtout les plus âgées, où se trouvent mes enfants quand je vais travailler? On ne pose jamais ce genre de questions à mon mari quand il se rend au travail.

Le débat sur le sexisme suscité par le mouvement #Metoo dure depuis plus de deux ans. Quelle est votre expérience avec les sales types?

Je n’ai heureusement jamais eu de mauvaises expériences avec les hommes. Je n’ai jamais été harcelée, même pas prise pour cible. Qu’une personne fasse de telles choses à quelqu’un d’autre est terrible. Il est très important de dénoncer immédiatement de tels agissements à la police.

Vous n’avez jamais giflé un homme parce qu’il vous collait trop?

Non, cela est certainement dû au fait que je n’ai pas la peur du contact. Je suis ouverte aux gens, qu’ils soient femme ou homme. Je parle avec tout le monde.

Christa Rigozzi sur le débat sur le sexisme et #Metoo: «Je n’ai heureusement jamais eu de mauvaises expériences avec les hommes. Je n’ai jamais été harcelée, même pas prise pour cible. Qu’une personne fasse de telles choses à quelqu’un d’autre est terrible. Il est très important de dénoncer immédiatement de tels agissements à la police.»
Livia Bass

Pourquoi les femmes qui veulent accéder au pouvoir sont attaquées si durement sur leur apparence?

C’est vraiment encore le cas? Les femmes qui réussissent sont belles parce qu'elles ont du charisme et un rayonnement. Et c'est l'une des raisons pour lesquelles elles sont parvenues au sommet. Je ne réduirais jamais une personne à sa simple apparence extérieure.

Que font les femmes mieux que les hommes?

Si quelqu’un se prépare bien pour effectuer une tâche, il peut la réaliser, peu importe qu’il s’agisse d’une femme ou d’un homme.

Les femmes sont-elles en quelque sorte les meilleures personnes?

Non, non.

Qui égare le plus d’affaires à la maison: vous ou votre époux Giovanni?

Je suis super bien organisée, Gio cherche beaucoup plus souvent ses choses que moi, en particulier à l’hôtel. Nous avons pratiquement réglé ce problème à la maison car j’ai récemment installé une boîte dans laquelle nous mettons toutes les clés, nos téléphones, lunettes de soleil et porte-monnaie.

Qui retrouve les objets perdus plus rapidement?

Moi.

Vous avez étudié le droit pénal et la criminologie: est-ce la raison pour laquelle vous retrouvez les choses égarées plus rapidement que votre mari?

C’est dû à mon côté maniaque de la propreté (elle rit).

La prochaine aventure de l’agent secret britannique 007 va sortir en 2020 au cinéma: interpréteriez-vous plutôt James Bond ou une Bond girl?

Je serais le parfait James Bond.

Vous trouveriez donc bien qu’une femme interprète James Bond à l’avenir.

Oui, absolument.

Vous déclariez pourtant tout à l’heure que vous ne seriez pas une bonne actrice car vous ne savez pas bien mentir.

J’accepterais immédiatement le rôle de James Bond.

Quel Bond boy souhaiteriez-vous avoir à vos côtés?

Il y aurait un casting pour cela.

Je ne peux malheureusement pas accepter cette excuse. Quel homme choisiriez-vous personnellement comme Bond boy?

Brad Pitt.

Que pensez-vous des quotas?

La proportion de femmes représentées?

Les quotas en général.

Je ne crois pas qu’ils apportent davantage d’égalité.

Vous rendez-vous régulièrement aux élections et votations?

Je le fais toujours par correspondance.

Où vous situez-vous sur l’échiquier politique: plutôt à gauche, à droite ou encore neutre au centre?

Je suis du centre sans être neutre pour autant.

Où est ancrée votre conviction?

Libérale, au centre.

Laisseriez-vous vos enfants aller aux manifestations pour le climat s’ils étaient assez âgés?

Mes enfants ont le droit de faire tout ce qu’ils veulent s’ils peuvent m’expliquer la raison pour laquelle ils souhaitent l’effectuer.

Avez-vous déjà participé vous-même à une manifestation?

Oui, en 2015 à Haïti. Je m’y trouvais pour le compte de Handicap International, nous avons manifesté pour améliorer les droits des femmes.

Quelle politicienne ou quel politicien suisse devrait davantage faire entendre sa voix?

Je ne peux pas répondre à cette question.

Quand et pourquoi avez-vous pleuré à cause de la politique?

Je n’ai encore jamais pleuré à cause de la politique, mais j’ai bien sûr déjà aussi été déçue par une décision politique.

Êtes-vous plutôt favorable ou opposée aux choses?

Cela dépend de la question.

Dans quelle situation préféreriez-vous être un homme?

Jamais.

Pourriez-vous imaginer d’échanger vos rôles respectifs avec votre mari durant une semaine?

Je peux bien m’imaginer en papa pendant une semaine, mais je ne préférerais pas exercer sa profession d’architecte d’intérieur et graphiste.

Pourquoi pas?

Je n’aurais pas assez de patience. C’est du reste aussi valable pour mon mari: il me répète toujours qu’il ne pourrait pas effectuer mon travail mais qu’en même temps il m’admire pour ce que fais et comment je le fais.

Quelle est votre tâche ménagère préférée?

J’aime faire du nettoyage. J’aime quand tout est d’une propreté éclatante. Nous avons quand même une excellente femme de ménage car je suis souvent en déplacement. Mais je le dis vraiment entre nous ici: il m’arrive encore de nettoyer moi-même de temps en temps …

Bilan avant le dernier tour: une prestation impeccable, avec des déclarations pertinentes et perspicaces.

Qu’avez-vous appris en premier lieu de votre mari Giovanni Marchese?

J’ai beaucoup appris par son intermédiaire, que ce soit l’amour, la proximité, l’ouverture au monde.

Comment vous êtes-vous connus en fait?

Devant le McDonald’s à Bellinzone, j’avais 16 ans et je l’ai aperçu là pour la première fois.

C’était le coup de foudre?

Pour moi déjà, je l’ai vu et j’ai pensé: waouh, c’est qui ce bel inconnu? Cela s’est passé de la même manière pour Gio à la première rencontre. Nous ne sommes toutefois véritablement devenus proches qu’une année plus tard.

Y a-t-il des choses que vous ne pouvez pas faire sans votre mari?

Fonder une famille, cela aurait été impossible sans Gio.

Y a-t-il des choses que vous ne pouvez pas faire ensemble?

Nous n’arrivons pas à cuisiner ensemble, c’est soit lui soit moi qui est en cuisine. Les deux ensemble, ça ne va pas, sinon nous nous disputons car je commence déjà à nettoyer pendant que je cuisine (elle rit).

Quelle est la dernière chose que votre mari vous a offerte?

Un massage. Gio a dit que je travaille tellement qu’il est important que je consacre également une fois du temps à moi-même.

Vous êtes pratiquement depuis 20 ans avec votre mari: comment y êtes-vous parvenue?

Grâce à l’amour, à la confiance, au respect, au soutien mutuel et à nos merveilleux jumeaux.

Christa Rigozzi (avec Bruno Bötschi, journaliste de «Bluewin») sur son passe-temps préféré: «J’aime faire du nettoyage. J’aime quand tout est d’une propreté éclatante. Nous avons quand même une excellente femme de ménage car je suis souvent en déplacement. Mais je le dis vraiment entre nous ici: il m’arrive encore de nettoyer moi-même de temps en temps.»
Livia Bass

Vous semblez sinon également être une âme dévouée: vous co-animez depuis 2008 l’émission pour la chaîne télé 3+ «Bauer, ledig, sucht...» (ndlr: version alémanique de «L'amour est dans le pré»).

Je suis née sous le signe astrologique du Taureau. On sait que ce sont des personnes très fidèles, réalistes et concrètes.

En 2014, un de vos souhaits professionnels était de réaliser  une interview de Roger Federer. Y êtes-vous parvenue?

Je n’ai toujours pas réussi jusqu’ici mais je persévère.

Pourquoi précisément avec Roger Federer?

Je l’ai rencontré en 2018 à l’hôtel «Les Trois Rois» à Bâle. Je m’y trouvais à l’occasion d’une séance photos et je savais que Roger était là aussi. C’est pourquoi j’ai demandé à la directrice de l’hôtel s’il était possible de le rencontrer. Elle est revenue au bout d’un moment et m’a dit qu’elle avait une surprise pour moi, qu’il fallait que je passe brièvement à la réception. Et qui voilà? Roger Federer avec son épouse Mirka. Je suis restée un instant sans voix.

Ce fut un plaisir de parler avec vous, Madame Rigozzi. Nous continuons encore avec un dernier test de talent. Le temps restant devrait suffire.

Pour conclure, voici encore notre fameux test de talent: vous évaluez s’il vous plaît votre talent en attribuant les points ainsi: de 0 point – aucun talent à 10 points – incroyable talent. Comme agricultrice?

Je suis plutôt une citadine mais j’ai déjà nettoyé une étable et trait des vaches. Je m’attribue donc six points.

... comme féministe?

Je n’aime pas du tout ce mot. Je m’engage en faveur des femmes, je milite pour l’égalité des droits, même si je ne descends pas volontiers manifester dans la rue. Je préfère discuter directement avec une personne, c’est ma façon de m’engager contre les injustices.

Un point, ou combien vous attribueriez-vous?

Si je ne me donnais qu’un seul point, cela signifie que je ne m’engagerais pas suffisamment en faveur des femmes. Je m’accorde huit points, mais comme je l’ai dit précédemment: je ne me définis pas comme féministe.

… comme Suissesse de l’année?

Je ne peux pas y répondre, c’est à la population suisse d’en décider.

… comme politicienne?

Huit points. Je pense que je pourrais obtenir certains résultats en tant que politicienne.

Avez-vous déjà été sollicitée par un parti pour être candidate sur sa liste?

Déjà plusieurs fois, et encore une fois maintenant avant les dernières élections parlementaires. J’ai toujours refusé jusqu’ici toute demande en ce sens, mais je dis toujours: Jamais plus jamais.

Tout comme James Bond.

Exactement.

Le journaliste de «Bluewin» Bruno Bötschi s’adonne régulièrement à ce jeu de questions-réponses avec des célébrités dans le cadre de sa chronique «Bötschi questionne». Il dispose d'une grande expérience en matière d'entretiens. Il a écrit durant de nombreuses années la série «Traumfänger» (l'attrape-rêve) pour le magazine «Schweizer Familie». Ainsi, il a demandé à plus de 200 personnalités quels étaient leurs rêves d'enfant. Le livre compilant tous ces entretiens a été publié par Applaus Verlag à Zurich. Il est disponible en librairie.
zVg
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